Petites Histoires de Paris — 20 August 2012
Petite histoire des quais de Seine

La Seine est un fleuve chéri pour tous les parisiens et les touristes. Ses paysages connus des initiés, et 100 fois reproduits par les peintres et les aquarellistes font parties de notre partimoine sentimental. Quoi de plus charmant, qu’un voyage à travers Paris sur la seine ou ses berges? La seine mise à l’honneur il y a peu par Vanessa Paradis et Mathieu Chédid dans le duo “la Seine” a pourtant une histoire que l’on connait peu ou que l’on résume à sa simple place dans l’économie parisienne. Alors pour les mauvais élèves, on vous porpose un cours de rattrapage sur l’histoire du seul fleuve de paris, mais quel fleuve n’est ce pas ?

Jusqu’au 18e siècle, grâce à son importance économique et sociale, la Seine et surtout ses berges faisaient du fleuve un haut-lieu parisien.  On le sait peu mais à cette époque, la Seine était même un endroit de consommation et de plaisirs, loin des baisers que les amoureux s’y donnent aujourd’hui !

Si l’on revient  en arrière, on sait que les fêtes de la monarchie y étaient organisées ici, la population s’y retrouvait aussi afin de se laver ou laver le linge et le commerce y était extrêmement important. Mais très vite,  l’augmentation des besoins de la ville et celle de sa population rendent cet équilibre fragile.

Ainsi, partir de l’année 1750, les activités sédentaires sont progressivement éliminées tandis que la Seine fait l’objet de nombreux aménagements pour devenir une voie de navigation à l’échelle nationale.

Hier, la Seine et ses berges

Au 18e siècle, il est inconcevable de vivre à Paris sans fréquenter les berges de la Seine. Les marchandises arrivent par la voie fluviale et sont vendues depuis les bateaux qui doivent attendre de prendre leur tour aux abords de Paris, parfois plus d’un mois ! C’est également un lieu de travail qui attire bateaux à lessive, blanchisseuses, porteurs d’eau, et artisans. On trouve aussi à toute heure du jour et de la nuit, des passants qui goûtent le spectacle de l’eau.

En 1750, on s’y baigne, on boit l’eau fleuve et l’on y regarde les feux d’artifice

Livrée par des porteurs d’eau, l’eau de Seine représente au moins la moitié de l’eau consommée par les Parisiens. La Seine est une ressource importante pour les soins du corps. Une quinzaine d’établissements accueillent séparément hommes et femmes durant le printemps et l’été. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les bains Poitevin accueillent une clientèle privilégiée qui paye 3 livres 12 sous pour des bains chauds.

Des feux d’artifice sont offerts par la ville au monarque à l’occasion d’un heureux événement (naissance, mariage, victoire militaire). La place de Grève ou le bassin entre le pont Neuf et le pont Royal sont les sites les plus sollicités. L’organisation de joutes et de jeux est une autre occasion de réjouissances tant sportives que spectaculaires.

Puis, les bateaux quittent le fleuve

À partir du milieu du 18e siècle, l’intensification des activités sur le fleuve aboutit à une forme de saturation. L’incompatibilité entre activités économiques et esthétique de la ville aboutit à l’éviction des bateaux de blanchisseuses au pied du Louvre.

Grâce à un réseau de canaux conçu au début du xixe siècle – Canal de l’Ourcq, canal Saint-Denis et canal Saint-Martin – le commerce fluvial se déporte au nord de Paris.

En parallèle, on assiste au développement des loisirs et du sport. La presse grand public en plein essor organise des spectacles aquatiques qui rassemblent une foule impressionnante. De véritables institutions attirent les Parisiens comme la piscine Deligny où l’on nage et où l’on aime se montrer.

A l’occasion des expositions universelles les bords de Seine se couvrent d’architectures éphémères, palais de l’industrie ou pavillons de pays invités. L’Exposition de 1900 est la plus étendue, englobant, des Invalides au Champ-de-Mars, une bonne partie des deux rives de la Seine.

Les bateaux-mouches font leur apparition lors de l’Exposition universelle de 1867. Le succès est immédiat : près de 3,5 millions de touristes circulent sur la Seine en 1867. Ils tiennent probablement leur nom du fait que les premiers sont construits sur les chantiers de la Mouche à Lyon.

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(3) Vos commentaires

  1. Bonjour,
    pouvez vous indiquer l’endroit où la première photo de l’article à été prise, SVP?

    • La photo est prise après le pont de bercy ! un peu plus loin vers l’est.

  2. la Seine comme bouillon de culture (tous les sens du mot…) et buvable,on frémit aujourd’hui ! bateaux Mouche,merci pour la définition.

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