Visite du musée des égouts de Paris, flambant neuf après trois ans de travaux

Le musée des égouts du Quai d’Orsay, dans le 7e arrondissement, a rouvert ses portes fin octobre 2021 après trois ans et demi de travaux ; c’est un musée flambant neuf, rénové intégralement avec un espace multimédia, des projections et un nouveau parcours de visite qui vous attend désormais. Paris ZigZag vous emmène à sa découverte !

Une visite guidée par Emmanuel Olivard 

Emmanuel Olivard, chef égoutier du musée des égouts depuis 2002, gère une des quatre équipes du lieu. Vêtu de sa tenue d’égoutier, il nous sert de guide pendant toute la visite. Cela commence par une frise qui retrace l’histoire des égouts à Paris du milieu du XIXe siècle à aujourd’hui. En 1975, ouvre alors un musée qui n’est autre que celui des égouts. De 1989 à 2018, ce musée accueille environ 100 000 visiteurs par an. Il ferme ses portes à l’été 2018 pour une révision complète de son parcours de visite.

En entrant dans le souterrain, on découvre un musée des égouts flambant neuf, avec notamment un espace multimédia à disposition. “On a beaucoup travaillé sur le multimédia et les nouvelles technologies avec les écrans tactiles”, explique Emmanuel Olivard. Lors de notre visite, le chef égoutier nous mène vers un écran qui nous montre l’évolution du métier d’égoutier au fil des époques. On remarque qu’autrefois, les égoutiers étaient beaucoup moins équipés qu’aujourd’hui. Ils n’avaient ni gants, ni casques, ni bottes. “Les égoutiers prenaient des risques. C’est l’époque qui voulait ça”, raconte Emmanuel Olivard. Heureusement, les gants et les casques apparaissent dans les années 1960. Les masques quant à eux, apparaissent dans les années 2000.

Les égoutiers du début du XXe siècle projetés sur un écran.

Aujourd’hui, les masques sont plus que jamais indispensables pour les égoutiers. “On a demandé à la Ville de Paris de nous procurer des masques intégraux car, depuis la crise Covid, on s’est aperçu que c’était dans les égouts que l’on mesurait les taux de contamination”, explique Emmanuel Olivard qui souligne l’insalubrité du métier d’égoutier. Il reconnaît toutefois : “S’il n’y avait pas d’égouts à Paris, on se retrouverait avec de l’eau partout dans la capitale.”

L’équipement des égoutiers des années 2000 à aujourd’hui.

Nous entrons maintenant dans la galerie humide. Celle-ci a pour but d’évacuer les gens en cas de montée d’eau importante. “Deux jours avant la réouverture du musée, il y a eu 40 centimètres d’eau partout, se souvient le chef égoutier. Mes collègues ont nettoyé toute la journée au Kärcher.” Mission propreté ! Nous avançons maintenant vers la bouche d’égout. Celle-ci consiste à recueillir les eaux de pluie ruisselantes ainsi que celles qui proviennent du lavage des chaussées et des caniveaux et les dirigent vers le réseau d’égouts.

Pas loin de cette bouche d’égout protégée par une grille se trouve le branchement de regard. C’est un moyen d’accès au réseau souterrain des égouts. Il est constitué à la fois d’une cheminée, d’un puits de descente avec des échelons et d’une galerie de liaison avec l’égout. “On ouvre la plaque d’égout, on descend par les échelons et on entre ensuite dans le regard d’égout. Il y en a au total 30 000 dans Paris”, énumère Emmanuel Olivard. On avance plus loin dans la galerie et on arrive alors vers le collecteur principal, considéré comme le plus grand des ouvrages visitables. Il reçoit les eaux des égouts élémentaires et les transporte jusqu’aux émissaires vers les stations de pompage et d’épuration en dehors de Paris.

Le bassin de dessablement dans la galerie humide du musée des égouts.

Un hommage à Eugène Belgrand 

La visite se poursuit. Le bruit de l’eau des égouts retentit lorsque l’on se trouve en face du wagon-bi-boules. Un engin utilisé autrefois par les égoutiers. Celui-ci n’est plus en service depuis 2005. Il servait à dégager les sables accumulés au fond des collecteurs d’une largeur inférieure à 2,20 mètres. On avance ensuite vers la galerie où sont exposées la plupart des machines hors service. Parmi celles-ci, la boule de curage et les mitrailleuses, des outils qui doivent leur existence à l’ingénieur-star du réseau d’égout parisien, Eugène Belgrand (1810-1878). Figure majeure du XIXe siècle à Paris, c’est lui qui dirige les Eaux et Égouts de Paris à partir de 1867. Parmi ses nombreuses réalisations, il y construit un ensemble de galeries souterraines, dont des collecteurs gravitaires, faciles d’accès qui accueillent d’autres réseaux.

Les boules de curage autrefois utilisées par les égoutiers.
La statue d’Eugène Belgrand, ingénieur et directeur des Eaux et Égouts (1810-1878).

La statue d’Eugène Belgrand se trouve d’ailleurs dans la partie halle musée où sont disposées les outils et accessoires des égoutiers, notamment les terminaux de saisie portatifs qui permettent aux égoutiers de collecter des informations sur le terrain. On y voit également des lampes et casques anciens.

Ainsi se termine le parcours de visite du musée des égouts. Autre nouveauté : un accès ascenseur est à disposition des personnes à mobilité réduite.

Musée des Égouts 
93 Quai d’Orsay,  75007
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h (dernier accès à 16h)
Tarif : de 7 à 9 euros

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                                                                                                 Kevin Sonsa-Kini 

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