
Dans la rue du Faubourg Poissonnière, une adresse déjà bien connue des gourmets du quartier vient d’écrire une nouvelle page de son histoire. Les fourneaux de Bonhomme ont en effet été confiés à Maksym Zorin, ancien de la brigade Alain Ducasse et fondateur de La Datcha. Nous sommes donc allés découvrir le talent de ce chef ukrainien qui signe une cuisine française originale, délicate, et accessible avec un menu qui défie toute concurrence au déjeuner !
Une identité culinaire unique
Originaire d’Odessa en Ukraine, Maksym Zorin intègre l’école hôtelière de Thonon-les-Bains en 2015. S’ensuit un passage remarqué dans les cuisines les plus exigeantes du groupe Alain Ducasse : Le Meurice, Ore au Château de Versailles, Allard, Ducasse sur Seine… Et cette formation d’excellence transparaît dans ses assiettes, avec des saveurs qui surprennent, une maîtrise des sauces, et une impressionnante capacité à décliner un même produit sous différentes textures selon les arrivages du matin.

Au déjeuner, la formule entrée-plat-dessert à 29€ relève de l’exploit : houmous de carottes croustillant nappé d’une sauce chimichurri qui réveille, jarret de cochon accompagné d’épinards et betteraves dans un jus corsé réconfortant, coing rôti sur pain de Gênes aux noix de pécan… Tout est aussi inattendu qu’alléchant.

Le soir, la carte se déploie avec plus d’ambition encore. Les ravioles aux blettes, os à moelle, cacahuètes et jus de bœuf (16€) jouent sur les contrastes avec une finesse redoutable. Le cabillaud nacré, fenouil, moules et citron fermenté dans une sauce marinière (27€) convoque ces notes iodées chères au chef, souvenirs de son Odessa natal. Quant aux artichauts préparés en trois façons avec du lard de Colonnata et une émulsion à l’encre de seiche (14€), ils illustrent parfaitement cette créativité.
Un trio d’amis
Bonhomme, c’est d’abord l’histoire de trois copains : Maxime Piasek, Marc Faraggi et Thibaut Couvrecelle, qui ont osé parier sur la générosité et le rapport qualité-prix dans un arrondissement en pleine effervescence. Le décor, signé Atelier Etude, cultive cette atmosphère chaleureuse : murs en pierre grattée, bar habillé de zellige émeraude, cuisine ouverte où quatre convives peuvent s’installer au comptoir pour assister au ballet des casseroles. À l’étage, deux salles modulables accueillent jusqu’à 20 personnes par table, idéales pour ces dîners qui s’étirent où les bouteilles circulent dans une joyeuse cacophonie.

Car oui, le vin occupe ici une place de choix. Kyllian Vrignaud, le nouveau directeur et sommelier passé par Colvert et Bouillon Racine, a étoffé la sélection jusqu’à 90 références entièrement françaises. Bio, biodynamie, quelques cuvées nature et grands noms rassurants cohabitent harmonieusement, avec des verres dès 7€ et des bouteilles à partir de 30€. L’acquisition récente d’une cave va permettre de doubler le volume et d’entamer un travail de vieillissement prometteur.

Une très belle adresse, étonnante, vive, joyeuse, où l’on reviendra, c’est certain !
Bonhomme
58 rue du Faubourg-Poissonnière, 75010 Paris
Du mardi au samedi, 12h-00h (12h30 le samedi)
Formule déjeuner : 24€ (entrée-plat ou plat-dessert) / 29€ (entrée-plat-dessert)
Carte du soir : menu complet dès 38€
Plus d’infos sur leur site internet ici
A. C.