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Ce superbe château dominant la vallée depuis le XIIe siècle fut transformé en quartier-général nazi...

Château de la Roche-Guyon © Adobe Stock
Par Alexandre M

À quelques kilomètres de Giverny et ses jardins, aux confins de l’île-de-France et de la Normandie, La Roche-Guyon fait partie de ces destinations idéales pour une escale historique et reposante au fil de la Seine. À seulement une heure de Paris, en plein cœur du Parc Naturel Régional du Vexin Français, ce charmant village dont l’origine remonte au VIe siècle cultive, aussi bien dans son architecture que dans ses paysages, cette double influence francilienne et normande. Robustes maisons aux façades de pierres claires, panorama exceptionnel ou encore croisières sur le fleuve, La Roche-Guyon a de nombreux atouts dans sa manche, dont l’un des plus attractifs demeure ce château vieux de plusieurs siècles fréquenté par les rois de France et les intellectuels des Lumières…

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Un haut-lieu d’histoire qui porte la marque d’une célèbre famille

C’est à 1h de Paris qu’une imposante silhouette dominant la vallée de la Seine trône fièrement au sommet d’une colline. Et ce depuis le XIIe siècle. Cette silhouette, c’est celle d’un donjon, relié au château troglodyte déjà existant de la vallée par un escalier creusé dans la roche. Bâti sur demande du roi Philippe-Auguste à son vassal Guy de la Roche, sa mission est on ne peut plus claire : assurer la navigabilité et la sécurité sur la Seine. Dans un souci de confort, le “château d’en bas” est construit à la même période, venant ainsi remplacer peu à peu le château originel et constituer une remarquable forteresse double. Dans le même temps, un village important commence à se former au bord de la Seine. Passant de père en fils jusqu’en 1415, le château tombe ensuite en désuétude, avant de renaître au XVIIe siècle. Un vaste projet d’aménagement d’un parc anglais est commandité par la duchesse d’Enville et sa famille. De plus, la tour maîtresse, autrefois symbole défensif, est réhabilitée en belvédère indispensable à la promenade du cercle d’amis de la famille de La Rochefoucauld, idéal pour admirer l’étendue des terres du duché. La prestigieuse famille en profite également pour apposer sa marque sur le domaine, à l’image de la grande grille d’entrée, couronnée de la couronne ducale et des armes des La Rochefoucauld. Le château médiéval devient ainsi une grandiose demeure, où la vie aristocratique bat son plein : salons d’apparat, grande galerie, chapelle troglodytique, écuries, vieux donjon…

Escalier troglodytique du donjon © Flickr
Escalier troglodytique du donjon © Flickr

Au premier rang des heures sombres de l’Occupation

Après des années de faste et de prestige, les siècles suivants sont bien différents pour le château de la Roche-Guyon. Passées les successions chaotiques du XIXe siècle, les années 1940 illustrent parfaitement ce passage de la lumière à l’ombre. Classé au titre des monuments historiques, au même titre que la cour d’honneur avec les grandes écuries et la grille d’entrée, la cour des communs, les communs, le potager compris entre la route et la Seine et le parc attenant, le château est occupé à partir de février 1944 par l’état-major du Generalfeldmarschall, Erwin Rommel. Nommé responsable de la défense des côtes françaises contre le débarquement allié qui s’annonce, ce dernier choisit le château comme siège de son quartier général, en raison de la proximité des états-majors de Paris et Saint-Germain-en-Laye et à équidistance entre le Cotentin, Le Havre et le Pas-de-Calais, trois sites susceptibles de faire l’objet d’un débarquement allié. Tandis que la famille de La Rochefoucauld vit alors à l’étage supérieur, le maréchal Rommel s’installe dans les salons du pavillon d’Enville et choisit comme cabinet de travail le grand salon, prolongé par sa terrasse plantée de roses. Suite au débarquement de juin 1944, il faut attendre le mois d’août pour voir les forces allemandes quitter le château et la ville. Un départ qui n’empêche toutefois pas un ultime coup dur : un inutile bombardement allié qui touche notamment les communs du château sont touchés, tandis que la toiture des écuries s’effondre et le château lui-même est éventré.

Le plus grand potager d’Île-de-France après celui de Versailles

Des premiers espaces troglodytiques au potager expérimental des Lumières, en passant par les salons d’apparat aux casemates aménagées par Rommel, le château est désormais ouvert à la visite et propose ainsi à ses visiteurs un étrange voyage dans le temps. Une fois l’escalier d’honneur emprunté, on accède par exemple à la superbe salle des gardes, où se déroulaient les principaux actes de la vie publique des seigneurs des lieux et où l’on peut admirer au plafond la devise des La Rochefoucauld : “C’est mon plaisir”. Plus loin, la salle à manger, qui fut autrefois la chambre des seigneurs du château au Moyen-Âge, ou le cabinet de la cour carrée subjugue par son jeu de miroir qui donne l’impression de voir son reflet se reproduire à l’infini et son décor de boiseries. Enfin, impossible de passer à côté de l’antichambre de la duchesse, fascinante avec son décor asiatique dont la haute société raffolait au XVIIIème siècle. Situé entre le château et la Seine, le grand potager-fruitier de 3,8 hectares est tout simplement le plus grand potager d’île-de-France après celui du roi à Versailles. Après une charmante déambulation à la rencontre des 600 et quelques arbres fruitiers, l’exploration continue à travers les ruelles du village et le “sentier du patrimoine”, à la découverte d’autres merveilles comme la fontaine sculptée ou les étonnantes boves, ces cavités creusées dans la roche. Le tout pendant que l’on observe au loin ce donjon quasi-millénaire, dont Victor Hugo, sensible à son charme romantique, s’en inspira pour son roman Han d’Islande. Enfin, pour terminer ce voyage dans le temps par une touche inattendue, il est possible de se rendre à quelques minutes en voiture du château à la découverte de l’église troglodytique de Haute-Isle, entièrement creusée à flanc de falaise. Preuve supplémentaire que les environs de Paris regorgent de merveilles architecturales parfois insoupçonnées !

Vue aérienne du potager du château de La Roche-Guyon © Flickr
Vue aérienne du potager du château de La Roche-Guyon © Flickr

 

Château de la Roche-Guyon
1 rue de l’Audience
95780 La Roche-Guyon
Ouvert du 1er week-end de février au dernier week-end de novembre

 

À lire également : Comment le château de Versailles est devenu un site militarisé en 1940 !

Image à la une : Château de la Roche-Guyon © Adobe Stock

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