Au point culminant de la Vendée, 199 marches mènent à une vue exceptionnelle à 360°

Statue dorée de l’archange Saint Michel au sommet du clocher de Saint-Michel-Mont-Mercure, face au bocage vendéen au lever du soleil

Au cœur du bocage vendéen, à quelques kilomètres du Puy du Fou, le clocher de Saint-Michel-Mont-Mercure se dresse au point culminant du département. Après 199 marches, on accède à un panorama à 360° sur les paysages alentour, juste au pied d’une impressionnante statue dorée de l’archange Saint Michel. Mais l’histoire de cette hauteur commence bien avant la construction de l’église.

Saint-Michel-Mont-Mercure, sur le toit de la Vendée

Ici, on prend de la hauteur avant même d’avoir commencé à grimper. Saint-Michel-Mont-Mercure, aujourd’hui rattaché à la commune de Sèvremont, se trouve à 290 mètres d’altitude, ce qui en fait le point culminant de la Vendée. Et pour ceux qui en voudraient grimper encore un peu plus haut, il suffit de pousser la porte de l’église et de s’attaquer à son clocher !

Église de Saint-Michel-Mont-Mercure et vue sur le bocage depuis son clocher
L’imposant clocher de Saint-Michel-Mont-Mercure et la vue sur le bocage que l’on découvre pendant l’ascension. © Mélina Hoffmann / Paris Zigzag

199 marches plus tard, nous voilà presque au sommet de cette tour de 42 mètres. La montée se fait par un escalier en colimaçon qui se resserre par endroits, avec la possibilité de souffler sur un premier balcon à 20 mètres, avant de poursuivre jusqu’en haut pour les plus téméraires. Et si, comme nous, vous êtes stoppés au premier étage par le vertige, rassurez-vous : on peut déjà y contempler la vue sur le bocage vendéen, avec ses champs, ses haies, ses vallons et ses villages.

Vue sur le bocage vendéen depuis le clocher de Saint-Michel-Mont-Mercure
Après l’ascension du clocher, le regard porte loin sur les champs, les haies et les villages du bocage vendéen. © Mélina Hoffmann / Paris Zigzag

Si vous rejoignez l’étage supérieur, beaucoup plus étroit, à 36 mètres de hauteur, vous profiterez d’une proximité privilégiée avec la fameuse statue de l’archange Saint Michel.

Un sommet occupé bien avant l’église

Mais ce mont n’a pas attendu son clocher pour attirer les regards. Bien avant que le bourg ne se développe véritablement aux XVIIIe et XIXe siècles, cette hauteur aurait déjà été associée au culte. Selon l’histoire locale, le site aurait notamment été lié à Lug, une divinité celte, puis à Mercure à l’époque gallo-romaine. Les hauteurs étaient d’ailleurs souvent associées aux divinités et aux lieux de culte.

Avec la christianisation, c’est l’archange Saint Michel qui s’impose à son tour, lui aussi traditionnellement associé aux sommets. On retrouve d’ailleurs plusieurs lieux placés sous sa protection en hauteur, le plus célèbre restant évidemment le Mont-Saint-Michel. Le nom de Saint-Michel-Mont-Mercure garde ainsi aujourd’hui la trace de ces différentes époques. L’église actuelle, de style néo-roman, est beaucoup plus récente : elle a été construite en deux temps à la fin du XIXe siècle, avec le chœur et les trois premières travées à partir de 1877, puis le reste de l’édifice et son imposant clocher entre 1895 et 1897.

Intérieur de l’église de Saint-Michel-Mont-Mercure et ses vitraux contemporains
Les vitraux contemporains apportent une touche colorée à l’intérieur néo-roman de l’église. © Mélina Hoffmann / Paris Zigzag

À l’intérieur, changement d’époque avec les vitraux beaucoup plus contemporains imaginés par le maître-verrier Frédéric Naulin lors de la restauration de l’église au début des années 1990. Leurs formes abstraites et leurs couleurs tranchent avec l’architecture néo-romane du XIXe siècle, créant un contraste assez inattendu dans cet édifice ancien.

Un immense Saint Michel doré au sommet

Et évidemment, impossible de parler de ce clocher sans évoquer celui qui le couronne et qui a su mettre une sacrée animation dans ce petit village vendéen. Tout en haut se dresse une imposante statue de l’archange Saint Michel terrassant le dragon, réplique de celle qui domine la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon. Fabriquée pour être présentée à l’Exposition universelle de Paris en 1889, elle est finalement achetée par la paroisse puis installée au sommet du clocher en 1897.

Son histoire a pourtant été plutôt mouvementée. Déjà fragilisée par la chute d’une aile en 1907, puis d’une autre en 1932, elle est davantage endommagée par la violente tempête de 1957. La statue est alors démontée et descendue morceau par morceau pour être restaurée, avant de retrouver son perchoir le 15 août 1961 dans des conditions spectaculaires, on peut le dire. En effet, c’est en hélicoptère que la statue de l’archange Saint Michel, haute de 9,66 mètres et pesant 1 200 kilos, est transportée devant une foule de près de 30 000 personnes réunies pour l’occasion !

Archives exposées dans l’église de Saint-Michel-Mont-Mercure sur le retour de la statue en hélicoptère en 1961
Dans l’église, des coupures de presse et des photographies d’époque retracent le spectaculaire retour de la statue au sommet du clocher en hélicoptère, le 15 août 1961. © Mélina Hoffmann / Paris Zigzag

Plus de cinquante ans plus tard, l’archange redescend une nouvelle fois sur terre. En 2012, la statue est retirée pour une restauration complète avant d’être recouverte de quelque 8 500 feuilles d’or. Elle retrouve finalement le sommet du clocher le 29 septembre 2013, jour de la Saint-Michel, devant plus de 20 000 personnes. Aujourd’hui, après les fameuses 199 marches, on se retrouve presque à ses pieds, face au bocage qui s’étend à perte de vue. Une manière assez unique de découvrir la Vendée, loin de son littoral et depuis son point le plus haut.

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Clocher de Saint-Michel-Mont-Mercure
Place du Sommet
85700 Sèvremont

Accès gratuit.
Ouvert tous les jours de 9h à 19h d’avril à octobre et de 9h à 17h de novembre à mars.
199 marches, escalier en colimaçon, sans ascenseur.

Image en Une : Au sommet du point culminant de la Vendée, la statue dorée de l’archange Saint Michel domine le bocage vendéen. © Gael Roger

Mélina Hoffmann

Rédactrice et vidéaste
Curieuse, passionnée et enthousiaste, je promène ma joie de vivre pour rencontrer, découvrir, ressentir et partager. La vie : intensément sinon rien !