À quoi ressemblait Paris en 1900 ?

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À priori, il convient de se poser la question : en 1900, la ville de Paris était-elle si différente que celle que l’on connaît aujourd’hui ? En effet, au tournant du XXe siècle, les travaux d’Haussmann avaient déjà transformé la capitale en profondeur : en 17 ans, entre 1853 et 1870, cet immense projet a détruit près de 20 000 maisons, construit tout autant d’immeubles haussmanniens, percé d’immenses axes de circulation, créé les Buttes-Chaumont et le parc Montsouris et édifié quelques monuments emblématiques, tels que l’Opéra Garnier. Et pourtant, non, la ville de Paris ne ressemblait pas encore à celle que l’on connaît aujourd’hui ! Petit retour dans le passé.

1900, l’année de l’Exposition « du Siècle »

C’est en 1900 qu’a eu lieu la plus grande exposition universelle parisienne : en six mois, l’événement a accueilli près de 50 millions de visiteurs, 83 000 exposants et des dizaines d’édifices tous plus irréels les uns que les autres ! Entre le Champ-de-Mars et les Invalides, les Parisiens découvrent pour la première fois des monuments tels que le pont Alexandre III ou le Grand Palais, mais aussi d’autres pavillons beaucoup plus étonnants et aujourd’hui disparus.

Le Pavillon de l'Asie russe et de la Sibérie

Le Pavillon de l’Asie russe et de la Sibérie de l’Exposition Universelle de 1900

On notera par exemple le Globe Celeste, un gigantesque globe céleste bleu et or culminant à 60 mètres au-dessus du quai, et le Palais de l’Électricité, dont l’architecture complètement folle est digne d’un palais des Mille et une Nuits. Ajoutons à cela un  trottoir roulant de 3,5 kilomètres et des dizaines de pavillons étrangers, parmi lesquels l’imposant Pavillon des États-Unis qui n’est pas sans rappeler le Capitole.

Le Palais de l'Électricité de l'Exposition Universelle de 1900

Le Palais de l’Électricité de l’Exposition Universelle de 1900

Le Globe Céleste de l'Exposition Universelle de 1900

Le Globe Céleste de l’Exposition Universelle de 1900

Le Pavillon des Etats-Unis

Le Pavillon des États-Unis

Les limites de Paris, refuge pour les populations les plus démunies

Dans le reste de Paris, les choses ne sont pas aussi grandioses et spectaculaires. Au coeur de la capitale, la ville n’est, en apparence, pas très différente de celle que l’on connaît aujourd’hui, même si la plupart des vieux édifices et monuments parisiens, la Cathédrale Notre-Dame en tête, sont noircis par la crasse accumulée depuis des siècles.

Le boulevard des Italiens © cpabastille91

Le boulevard des Italiens © cpabastille91

Mais dans une ville qui compte 2,7 millions d’habitants (600 000 de plus qu’aujourd’hui) et n’accueille aucun logement à loyer modéré, les franges les plus pauvres de la population sont cantonnées aux limites de la capitale. Beaucoup se retrouvent dans la Zone, une bande de terrains vagues située près des anciennes fortifications, les autres s’installent du côté de Montmartre.

Le Maquis de Montmartre

Le Maquis de Montmartre

L’ancien village a beau être le repaire des artistes de l’époque, il ne ressemble en rien au Montmartre touristique et pittoresque d’aujourd’hui : en 1900, le Sacré-Coeur n’est pas encore achevé, le métro ne va pas encore jusque là et, surtout, une grande partie de la butte n’est encore qu’un vaste bidonville.

Établi entre les rues Lepic et Caulaincourt, le maquis de Montmartre est alors composé d’une population miséreuse, réfugiée sur la butte suite à l’augmentation des prix des loyers dans le centre de Paris. Cette population composée de familles, d’artistes et de chiffonniers habite une multitude de petites bicoques construites avec de matériaux de récupération. Ainsi, ce n’est qu’à la fin des années 1900 que le quartier commencera à prendre l’aspect bucolique et tranquille que l’on connaît aujourd’hui…

Le Maquis de Montmartre

Le Maquis de Montmartre

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