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À quoi ressemblait un logement parisien au XVIIe siècle ?

L'île de la Cité dans le passé
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Le XIXe siècle et les travaux de modernisation d’Haussmann ont sans conteste changé le visage de la capitale. Plus qu’aucune autre période avant elle ? Peut-être pas. En effet, lorsque l’on s’intéresse de plus près à l’architecture et l’urbanisme de Paris, on se rend compte que le XVIIe siècle a lui aussi été une grande époque de changements urbains.

L’immense incendie qui a eu lieu à Londres en septembre 1666, détruisant près de 13 000 maisons en l’espace de quelques jours, a fait prendre conscience aux autorités parisiennes du danger que pouvait courir leur ville. Comme à Londres, les maisons des quartiers populaires de Paris sont construites en pan de bois à pignon sur rue. En cas d’incendie, des quartiers entiers de la capitale pourraient partir en fumée, le feu se propageant de maison en maison sans que l’on ne puisse faire grand chose.

On décide alors d’interdire la construction de nouvelles maisons en bois en imposant l’utilisation de la maçonnerie. Les anciennes masures sont quant à elles recouvertes de plâtre afin de mieux resister au feu. Ainsi, la fin du XVIIe siècle change profondément le visage de Paris. Mais comment vivait-on durant cette époque charnière ? À quoi ressemblait un « appartement » parisien ?

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L’Île de la Cité au XVIIe siècle

Les parcelles sont étroites et les maisons construites en longueur

À cette époque, Paris conserve un fort héritage médiéval et reste une ville étroite et sombre. Les parcelles peu larges imposent de construire les habitations tout en longueur et en hauteur. Aussi, deux types de logements se côtoient : des maisons à deux corps de logis, l’un donnant sur la rue et l’autre au fond de la cour, et des maisons avec un bâtiment unique complété par une cour arrière.

Maisons du XVIe et XVIIe siècles

Plan de plusieurs maisons du XVIe siècle. © Pierre Couperie et Madeleine Jurgens, Le logement à Paris au XVIe et XVIIe siècles

Présentes dans tous les quartiers de Paris, ces maisons privées se présentent presque toujours de la même manière. Au rez-de-chaussée, un couloir latéral longe la boutique qui donne sur rue ; s’il n’y a pas de boutique, cette petite allée longe ce que l’on appelle la « salle », une grande pièce qui peut servir à tout (chambre, lieu de vie, bureau, salle de réception, etc.) et dont l’utilité varie en fonction du nombre de locataires, mais aussi de la période de l’année. Une cuisine, la seule de la maison, complète cet étage à fleur de sol.

Dans les trois ou quatre étages supérieurs et dans le grenier se trouvent les chambres, tandis que la cave est dévolue au garde-manger. C’est exactement comme aujourd’hui me direz-vous ? Détrompez-vous ! Une différence essentielle réside dans la façon dont les logements sont agencés.

On loue par tranche verticale (et sans aucune logique)

Pour nous, un appartement est constitué de plusieurs pièces reliées entre elles et formant une unité, mais, à l’époque, l’unité est la pièce : on ne loue pas un ensemble de pièces, mais un certain nombre de pièces, ce qui fait toute la différence. En effet, ces dernières peuvent être situées n’importe où dans l’immeuble. En fonction de ce que le propriétaire veut bien nous donner, on peut ainsi se retrouver avec une pièce au premier étage et une autre à l’autre bout de la maison au troisième étage… Ce joyeux désordre est accru par le fait que les propriétaires ont plutôt tendance à louer par tranche verticale, et non horizontale comme aujourd’hui.

Le cas de Molière, par exemple, est éloquent. Son logement, situé place du Palais-Royal, possédait quatre pièces, deux au premier et deux autres au deuxième étage, ce qui était un vrai luxe pour l’époque. Mais le dramaturge était loin d’avoir le luxe de la tranquillité : il devait traverser les pièces d’autres locataires pour se rendre de l’une à l’autre de ses pièces !

Il y a beaucoup de mobilier et peu d’espace

Dernier aspect nous faisant comprendre que les Parisiens de l’époque n’avaient pas une vie aussi tranquille que la nôtre : les pièces servaient pour tout et tout le monde. Les locataires devaient donc entasser beaucoup de choses dans un tout petit espace. Des registres de l’époque rapportent ainsi qu’une famille, vivant dans une seule pièce au niveau de la rue de Richelieu (1er arrondissement), possédait un lit double, un berceau, deux guéridons, deux cabinets, douze chaises, un tabouret et deux fauteuils… dans 20 m². Ça ne laisse pas beaucoup de place pour faire de l’exercice…

À lire également : Anatomie d’un immeuble haussmannien

Article du 05 août 2017

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