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Qu’étaient les années folles à Paris ?

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Après la première guerre mondiale, Paris connaît dix années d’effervescence ( de 1920 à 1929) et de libération totale qui résonnent comme une parenthèse enchantée en cette période de deuil national.

La fête est le mot d’ordre de ce que l’on surnommera « les années folles », menée par une jeunesse enivrée d’espoir, qui souhaite s’amuser, vivre et surtout oublier l’horreur de la guerre.

Les années folles entraînent donc les Parisien(ne)s dans une sorte de frénésie, aussi bien culturelle que sociale : la ville se métamorphose au gré des constructions Art Déco, les automobiles envahissent les rues, l’électroménager révolutionne le quotidien… Des changements qui participeront activement à l’émancipation des femmes, qui ont déjà pris goût à une certaine indépendance, involontairement vécue suite au départ des hommes pour le front.

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Concours d’élégance en 1925 – Crédit photo : AFP/Collection Roger-Viollet

 

Certaines Parisiennes, à la fois moteur et vitrine de cette libération, nous ont laissé un souvenir impérissable. Muses et amantes des artistes de l’époque, elles sont aussi à l’origine d’un mouvement de pensée et d’un nouveau mode de vie. Sous l’impulsion de Mademoiselle Coco Chanel, elles adoptent d’ailleurs une mode représentative de leur état d’esprit : une coupe « à la garçonne », des jupes plus courtes et des vêtements en général plus confortables, à l’opposé du corset encore porté à la Belle Epoque. Dès son arrivée dans la capitale, l’écrivain américain Henry Miller écrira : « La première chose qu’on remarque, à Paris, c’est que le sexe est dans l’air. Où qu’on aille, quoi qu’on fasse, on trouve d’ordinaire une femme à côté de soi. Les femmes sont partout, comme les fleurs ».

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Coco Chanel – Crédit photo : Corbis Images

 

Paris devient alors la ville de toutes les avant-gardes, et c’est dans les brasseries du quartier de Montparnasse, bon marché et riche de nombreux cafés, que se retrouvent ceux qui en sont à l’origine. André Breton, Man Ray, Brancusi, Modigliani, Picasso ou encore Gertrude Stein se rassemblent autour du carrefour Vavin, délaissant peu à peu Montmartre. La plupart de ces établissements comme le Dôme, la Coupole, le Select, la Rotonde ou encore la Closerie des Lilas subsistent encore aujourd’hui.

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Mémoires de Montparnasse – Crédits photos : Collection Roger-Viollet (à gauche) et Patrimoine La Coupole (à droite)

Au même moment, fuyant la prohibition et l’expansion du Ku Klux Klan, les américains arrivent à Paris, prenant part à la fête. Ils ramènent le jazz et le swing, mais aussi une jeune danseuse, noire américaine : Joséphine Baker. Simplement vêtue de sa célèbre jupe en bananes, elle va rapidement devenir la vedette du théâtre des Champs Elysées, libérant avec sa danse mythique et entraînante de nombreux fantasmes. Elle est le symbole de la libération sexuelle qui exalte alors Paris.

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Joséphine Baker – Crédit photo : WireImage (à gauche) et Rue des Archives (à droite)

 

Pendant les années folles, la France est en effet le premier producteur de films pornographiques au monde. C’est aussi le seul pays à ne pas avoir promulgué de loi réprimant l’homosexualité. Illustrant son côté libertin, plus de 200 « maisons de rendez-vous » ouvrent plus ou moins clandestinement.

Parmi les femmes qui ont marqué les années folles on compte aussi Jeanne Bourgeois, alias Mistinguett. Image type de la parisienne, qualifiée de « propriété nationale » par l’écrivaine Colette, elle devient la vedette du Casino de Paris et du Moulin Rouge grâce à sa gouaille, qui traversa même l’Atlantique.

 

Mais la véritable « Reine de Montparnasse » c’est Kiki de Montparnasse (Alice Ernestine Prin), baptisée ainsi par l’artiste japonais Foujita. A la fois égérie du Tout-Paris et artiste elle-même, elle anime le quartier pendant la décennie des années folles. Son histoire d’amour avec le photographe Man Ray, dont elle est l’amante et le modèle favori, est immortalisée par leurs œuvres communes comme la fameuse photographie du Violon d’Ingres où Man Ray la représente en violoncelle érotique.

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Portraits de Kiki de Montparnasse

Néanmoins, la crise économique de 1929, provoquée par le krach de Wall Street devenu le célèbre « Jeudi noir », va mettre fin à cette période d’insouciance. La magie des années folles et la vie trépidante des parisien(ne)s s’essoufflent peu à peu : la fête est terminée. Heureusement, cette génération de femmes et d’hommes aura marqué Paris assez longtemps pour qu’encore aujourd’hui, dans certains cafés de Montparnasse, l’on puisse encore sentir un brin de folie.

Les 3 points à retenir
– Les années folles sont une période d’insouciance au début du XXe siècle, parenthèse enchantée entre les deux guerres
– C’est une période de révolution culturelle et sociale, de libération sexuelle, surtout pour les femmes
– Paris devient alors le lieu de toutes les avant-gardes, foyer artistique incroyable, mené par des artistes français et internationaux

Article du 08 juillet 2014

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