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La commune de Paris 1871

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À Paris, la commune de 1871

Retrouver les traces de la Commune de Paris dans les rues de la capitale peut être une passionnante randonnée !

Il est préférable cependant de connaître, de situer ce moment de l’histoire où le peuple de Paris prit le pouvoir. Dans la mémoire collective des parisiens existe une vague connaissance, très vague cependant car non apprise à l’école.

Il faut donc se souvenir de la guerre que Napoléon III déclare aux Prussiens  en 1870. Alors qu’il se croit fin prêt pour la guerre.  il subit une cuisante défaite à Sedan le 2 septembre 1870. Fait prisonnier, relâché, il s’exile quelques mois en Angleterre où il meurt.
La France est vaincue, livrée pieds et poings liés au général prussien Bismarck, par un gouvernement français nouvellement élu, traître aux espoirs de la république naissante du 4 septembre 1870. Ce nouveau gouvernement, qui porte mal le nom de « Gouvernement de  Défense nationale », signe un armistice honteux le 28 janvier 1871.  La France livre l’Alsace et la Lorraine à la Prusse ainsi qu’une énorme rançon et Paris est déclaré « ville ouverte ». Ainsi, sans pratiquement se défendre véritablement, la France met genou au sol. Mais c’est sans compter sans le patriotisme des parisiens qui refusent cette fausse paix. Alors, le gouvernement dirigé par Thiers décide de confisquer les canons achetés par souscription par les habitants de Paris pour se battre contre les prussiens.

 

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Le premier jour de la commune

Le 18 mars au petit matin les troupes de Thiers montent sur la butte Montmartre où les parisiens, par précaution, ont rassemblé un grand nombre de leurs canons. C’est de  là haut, à l’emplacement actuel du Sacré Cœur, que les troupes tentent de faire descendre les canons. Mais le bruit des chevaux alertent la population. Les femmes, les premières levées, s’opposent aux soldats.  Elles vont chercher Louise Michel. Elles invectivent les soldats : «  C’est indigne  qu’est ce que tu fais là ! » Et les soldats se taisent ! Par trois fois le général  Lecomte qui dirige les troupes leur intime l’ordre de tirer. Le soldat Verdaguer, qui sera plus tard fusillé par les Versaillais, demande aux autres de mettre crosse en l’air. Les soldats obtempèrent. C’est le premier jour de  l’insurrection !

Le général Thomas responsable de la répression de 1848,  que les parisiens ont reconnu rodant au bas de la butte, et le général Lecomte sont fusillés par leurs propres troupes encouragées par la foule.  Les élus communards Varlin et Ferré, parvenus sur place, tentent de s’opposer en vain à cet acte.  Lecomte et Thomas dont on reprochera la mort à la commune aujourd’hui  encore, ne sont pas les premières victimes de cette tentative de reprise des canons. Le garde national Turpin, de faction sur la Butte, a été mortellement blessé lors de la montée des troupes de Thiers.

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Mise en place de la Commune

La volonté d’une commune déjà revendiquée par les parisiens sous l’Empire, se met en place. Le gouvernement de Thiers fuit à Versailles, emportant les caisses et les cadres du service public de la ville. Mais Paris n’est pas sans direction. La Garde nationale prend le pouvoir avec l’intention de le rendre très vite  au peuple. Elle s’installe à l’Hôtel de Ville et organise des élections. Elles ont lieu le 26 mars et, le 28,  la Commune est proclamée sur la place de l’Hôtel de Ville, dans la liesse générale.

Les 88 élus de la Commune, issus souvent des milieux ouvriers de la capitale, s’organisent. Dès le 29 mars, dix commissions sont mises en place : Exécutive, Militaire, Subsistances, Finances,  Justice, Sureté générale, Travail,  Industries et échanges, Service public, Enseignement. Ainsi l’ensemble des secteurs de la gouvernance sont pris en charge d’une façon remarquable. Pour Thiers les espoirs de voir s’installer le désordre  s’effondrent.

Les clubs nombreux avant la commune se développent. Une foule importante se rassemble dans les églises, les établissements publics et prend la parole, revendique, exige. Le pouvoir sait les entendre. Des associations telles « l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés », « l’Ecole nouvelle », « la Fédération des artistes » (dirigée par le peintre Courbet), les comités de vigilance, les clubs… sont des relais de la démocratie. Les élus sont responsables devant leurs électeurs et révocables en cas de non tenue des promesses électorales ! C’est le mandat impératif !

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Une œuvre sociale audacieuse

Le hongrois Léo Fränkel, responsable de la Commission du Travail et des échanges, lutte contre le chômage en réorganisant  les ateliers abandonnés par les patrons « les francs fileurs », réfugiés à Versailles. La gestion de ces ateliers est confiée à « l’Union des femmes » dirigée par Nathalie Le Mel  et Elisabeth Dmitrieff. « Les ateliers vous appartiendront, plus d’exploiteurs, plus de maitres » lit- on sur leurs affiches sur les murs de la capitale. La commission décide la suppression des amendes sur les salaires.  Première tentative de satisfaction de la revendication d’égalité des salaires entre hommes et femmes (encore à l’ordre du jour), la commission instaure l’égalité de traitement pour les instituteurs et les institutrices en revalorisant leur  salaire (21 mai 1871). Ainsi les femmes et les  étrangers ont pris leur place de citoyen  dans la société !

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À la Poste, Albert Theisz remplit les caisses pillées par le gouvernement de Thiers en rééditant les timbres. Il organise la participation des postiers à la gestion de leur établissement. Il réduit la fourchette des salaires et propose un salaire minimum.  La poste assure, malgré le siège de la ville par les prussiens et les versaillais,  la distribution du courrier.

Toutes les commissions s’activent et le bilan social de la Commune est impressionnant. On peut citer quelques autres de ses propositions :
– Réquisition des logements laissés vacants par les propriétaires qui se sont sauvés avec Thiers, pour loger les victimes des bombardements versaillais
– Pension versée aux veuves de Fédérés mariées ou non.
– Pension  également pour les orphelins, enfants légitimes ou naturels
– Prémices du divorce : versement d’une pension alimentaire pour permettre aux femmes de se séparer de leur mari
– Lutte contre la prostitution.

Grand moment  de l’histoire de la Commune, un décret publié le 2 avril 1871 déclare la séparation de l’Eglise et de l’Etat, 34 ans avant la loi de 1905. Ainsi et dans le même temps, la laïcité s’installe  à l’école, dans les hôpitaux et les prisons. L’école donnera aux pauvres, aux filles comme aux garçons, le droit d’apprendre avec la fourniture gratuite du matériel scolaire.

 Chaque jour,  jusqu’à l’arrivée des troupes versaillaises dans Paris, le Journal officiel de la Commune (que l’on peut consulter aujourd’hui) publie de nouveaux décrets en faveur du peuple.

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21 -28 mai 1871 : La semaine sanglante

Mais la commune ne dure que 72 jours ! Depuis des semaines déjà les communards et communardes défendent leur ville contre les Versaillais. Ils se battent sur les forts d’Issy les Moulineaux, de Vanves  de Montrouge… Par trahison du sieur Ducatel (qui sera décoré plus tard de la légion d’honneur) une porte non gardée à  l’ouest de Paris est signalée aux  Versaillais. Ils entrent le 21 mai et le massacre commence. Tout ceux  que les troupes rencontrent sont tués, fusillés, percer à la baïonnette, les femmes sont violées. Le crime de guerre qui sera tu durant des siècles est commencé. Aux Buttes Chaumont le lac est rouge de sang, à la caserne Lobau les prisonniers sont fusillés en tas, à la mitrailleuse. Le sang coule  sous les portes jusque  dans la rue. Au Châtelet des monceaux de cadavres sont jetés dans des fosses. L’horreur ne cessera que par risques d’épidémies.
Plus de 20 000 exécutions sommaires. Les communards ne se laissent pas massacrer sans bouger. Ils se battent jusqu’au bout  sur les barricades (plus de 900).  Delescluze marche au devant de la mort sur une barricade du bd Voltaire (11eme). Varlin  meurt lynché par des lâches. Les communardes  aussi défendent la Commune. Elles sont dans la rue comme sur la barricade de la  Place Blanche avec Nathalie Le Mel. Louise Michel, qui n’a cessé de combattre durant toute  la commune, est à la Chaussée Clignancourt. Blanche Lefevre (24 ans) est tuée sur une barricade dans le  17eme. La liste serait trop longue à donner ici qui prouve l’engagement total des femmes.

Les communards horrifiés par les exactions des versaillais mettent à exécution leurs menaces de fusiller leurs prisonniers. Le 26 mai, six  otages dont Monseigneur Darboy, sont fusillés à la prison de la Roquette (11eme). Rue Haxo (20eme), ce sont quarante sept prisonniers qui sont passés par les armes par une foule déchainée.

Dans un simulacre de justice, les versaillais envoient plus de 46 000 prisonniers devant un Conseil de guerre. Ils vivent l’horreur des prisons ! Plus de 13000 seront  condamnés à la déportation  en Nouvelle Calédonie. L’amnistie  n’est promulguée qu’en 1880 après une longue bataille menée notamment par Victor Hugo.

 

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Lever la chape de plomb

Mais amnistie est synonyme d’amnésie en français, et c’est bien de cela qu’il s’agit ! Tenter de mettre une chape de plomb sur cette tentative de prise de pouvoir par le peuple, pour le peuple. Jamais les responsables versaillais ne seront punis de leurs crimes. Il faut donc obtenir aujourd’hui la réhabilitation des communards par  un apprentissage de ce que fut ce moment de l’histoire qui a inspiré et inspire encore aujourd’hui tant de peuples dans leurs luttes pour l’exercice de la démocratie.

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Claudine REY

Présidente des Amis de la Commune de Paris

 

* La Garde nationale – milice parisienne qui prend de l’importance durant le siège car elle s’engage  dans la lutte contre les prussiens.

*Le Journal officiel de la Commune de Paris

Editions Ressouvenances –mars 1997

Article du 20 décembre 2012

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