La petite histoire de La Goulue, figure de la Belle Epoque

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Ses jupons virevoltants ont fait les belles heures du Moulin-Rouge… La Goulue, de son nom de naissance Louise Weber, était une figure mythique du Paris de la Belle-Epoque. Initiatrice du fameux french cancan, La Goulue connût un destin jalonné de moments de gloire comme de drames. Focus sur une femme au destin exceptionnel décédée il y a tout juste 90 ans.

La Goulue, la danseuse gouailleuse

Née en 1866 à Clichy-la-Garenne, fille de modeste blanchisseuse, Louise Weber ne vit que pour la danse dès son plus jeune âge : parmi les anecdotes célèbres à son sujet, on raconte qu’elle s’était rendue à sa communion en tutu et chaussons de danse ! Légende ou histoire vraie, on sait en tout cas qu’elle monte sur les planches pour la première fois en 1885 dans une revue. Sa spécialité ? Le grand-écart et autres hauts levés de jambes. Mais une de ses autres spécialités, plus officieuse et dont elle tient son nom de scène provient de sa propension à vider les verres du public tout juste parti des spectacles…

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La Goulue (à gauche)

Elle fait ensuite ses armes dans des lieux qui résonnent aujourd’hui comme des noms mythiques du Montmartre festif d’antan : le Moulin de la Galette, l’Elysée-Montmartre… Sans oublier le plus célèbre d’entre eux, le Moulin Rouge, cabaret avec lequel La Goulue tissera une histoire toute particulière.

En effet, c’est sa silhouette tout en courbes et froufrous qui se dessine sur l’affiche du Moulin-Rouge dans les années 1890. Croquée en 1891 par Toulouse-Lautrec, rien que ça ! Au cabaret tout juste ouvert, elle créa en 1889 ce qu’elle appela à l’époque « un quadrille dit réaliste » que l’on connaît tours aujourd’hui sous le nom de French Cancan. Grâce à cette danse endiablée faites de jeux de jambes acrobatiques, profondément innovante pour l’époque, la Goulue se fait très vite un nom. Le succès de son spectacle est immense et ameute le tout Paris.

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Affiche représentant La Goulue, réalisée par Toulouse Lautrec

Femme libre et égérie de Toulouse-Lautrec

Connue pour son esprit canaille – voire pour son impulsivité, puisqu’elle est aussi connue pour avoir plusieurs fois tiré sur son mari à coups de revolver… Ce dernier n’ayant jamais accepté de porter plainte contre elle ! – la Goulue a assumé toute sa vie son statut de saltimbanque, ainsi que la liberté farouche de s’exprimer avec son corps comme elle l’entendait. En faisant toujours fi des accusations d’indécence et autres jugements moraux.

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Elle développera une amitié réelle avec Toulouse-Lautrec, qui la peindra à différentes occasions de sa vie : du faste de la Belle-Epoque aux années de lassitude, la Goulue se dévoile avec plus d’émotion sous le trait de Lautrec que dans les photos très posées dans laquelle elle est apparue de nombreuses fois. En témoigne ce tableau réalisé en 1892.

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La Goulue apparaissant dans l’Arrivée au Moulin Rouge de Toulouse-Lautrec, 1892

Une fin de vie tragique

Après s »être entièrement dévoué à la danse, La Goulue quitte la scène à l’orée du XXème siècle pour devenir dompteuse de fauves avec son mari Joseph Droxler. De foire en foire, cette drôle d’aventure se solde par un événement tragique : en 1904, son mari et elle sont victimes d’une attaque de l’un des animaux qu’ils exhibaient. Un choc dont La Goulue ressortira blessée et personnellement meurtrie.

La Goulue quitte définitivement la grande scène de la vie par la petite porte. Morte dans le plus grand dénuement le 2 février 1929, elle est d’abord enterrée au cimetière de Pantin, loin de son Montmartre chéri. En 1992, Jacques Chirac, alors maire de la ville de Paris, fait rapatrier sa dépouille au cimetière de Montmartre. La Goulue repose enfin en paix dans le quartier qui lui doit encore aujourd’hui bien de son prestige.

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