L’Affaire Dreyfus à Paris

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Conflit social et politique de la Troisième République, l’Affaire Dreyfus a soulevé la France pendant douze ans à la fin du XIXe siècle de 1864 à 1906.

Les dreyfusards (défenseurs de l’innocence de Dreyfus) et les antidreyfusards (partisans de sa culpabilité) forment les deux camps violemment opposés.

Pourquoi est-il condamné ?

Alfred Dreyfus, un officier français d’origine alsacienne et de confession juive, a été victime d’une erreur (d’un complot) judiciaire qui l’accuse d’avoir livré des documents secrets français à l’Empire Allemand.

Le contexte : un fond d’antisémitisme, d’espionnage et de haine de l’Empire Allemand (suite à l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine en 1871).

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Zola et son « J’Accuse… ! »

Zola, fervent dreyfusard, écrit le fameux pamphlet « J’Accuse… ! » que le quotidien L’Aurore, publie le 13 janvier 1898, deux ans après la condamnation de Dreyfus.

Ernest Vaughan (fondateur de L’Aurore), Arthur Ranc, George Clemenceau et Zola jouent un rôle clef dans la défense de Dreyfus aux côtés de la Ligue des droits de l’homme tout juste créée. Les intellectuels (Octave Mirabeau, Anatole France, Lucien Lévy-Bruhl, Lucien Herr, Léon Blum, Jean Jaurès) se rallient aux côtés de Zola et souhaitent la révision du procès. On parle alors de « l’Affaire ».

Le « J’Accuse…! » de Zola (un titre trouvé par Clemenceau) lance les débuts de la crise sociale et politique autour de l’Affaire Dreyfus.

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La réhabilitation du capitaine Dreyfus

Après moult rebondissements et tergiversations (et pour éviter un troisième procès), le gouvernement décide de gracier Dreyfus en 1899, un décret est signé par le président Emile Loubet.

Mais il faudra attendre encore six ans pour que Dreyfus soit innocenté.

La France en ressort marquée, manifestant un clivage massif entre deux camps de pensée bien distincts. La haine raciale est mise au premier plan et envahit toutes les couches sociales.

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Dreyfus à Paris

Alfred Dreyfus découvre rapidement Paris puisqu’en 1876, il prépare le concours de Polytechnique au collège Sainte-Barbe dans le 4e arrondissement (le plus vieux collège de Paris jusqu’à sa fermeture en 1999).

Il épouse Lucie Hadamard civilement et religieusement à la synagogue rue de la Victoire dans le 9e arrondissement en avril 1890.

Suite à l’ordre d’arrestation du Général Mercier, il est incarcéré à la prison militaire rue du Cherche-Midi dans le 6e arrondissement (aujourd’hui caserne du Cherche-Midi).

Après avoir été envoyé au bagne en Guyane et ignoré par le président lors de sa demande de révision du procès, c’est en 1898 que L’Aurore publie le pamphlet de Zola adressé au président Felix Faure contre les généraux et les « bureaux de la guerre Le tirage du magazine explose : 300 000 exemplaires sont vendus.

Ce ne sera que la 12 juillet 1906 que Dreyfus sera proclamé innocent. On lui confère le grade de chef d’escadron et la croix de chevalier de la légion d’honneur. Après avoir été commandant de l’artillerie de Saint-Denis, il prend sa retraite mais la tranquillité n’est pas au rendez-vous. Il est blessé lors de la panthéonisation de Zola en 1908.

Déclarant « qu’une tragique erreur a empêché de suivre son chemin », Alfred Dreyfus meurt à Paris le 14 juillet 1935 et est inhumé au cimetière du Montparnasse.