Le dernier duel à l’épée entre deux députés a eu lieu en 1967 !

Un duel à l'épée en France en 1888

Il y a 52 ans, le 21 avril 1967, deux députés français se battaient à l’épée dans le jardin d’une résidence de Neuilly, participant ainsi au tout dernier duel connu en France. Un spectacle insolite qui s’est passé sous le regard amusé de quelques journalistes et que l’on vous raconte !

Un duel pour une insulte

Le 20 avril 1967, sur les bancs du Palais Bourbon en plein débat de l’Assemblée nationale, Gaston Defferre député socialiste des Bouches-du-Rhône et maire de Marseille, traitait René Ribière, député gaulliste du Val d’Oise , d’« abruti ». L’offenseur, Gaston Defferre, refuse de s’excuser pour ses mots un peu véhéments à l’égard de son collègue de l’Assemblée. L’insulté décide donc qu’il s’agit d’une affaire d’honneur… devant être « réparée par les armes ». Le tout dernier duel d’honneur de l’histoire de France venait d’être lancé !

Le lendemain en début d’après-midi, les journalistes se pressent dans le jardin d’une résidence de Neuilly-sur-Seine pour entrevoir ce duel anachronique et ubuesque entre les deux hommes politiques. Épée à la main et chemises retroussées, les deux hommes s’accordent sur un duel au premier sang (les duels à mort n’existent de toute façon plus depuis bien longtemps, et personne ici n’a envie d’y laisser sa peau). Les députés sont entourés du médecin de l’Assemblée nationale et du député gaulliste Jean de Lipkowski, choisi pour arbitrer le « match ».

Gaston Déferre à droite, et René Ribiere à gauche, Jean de Lipowski, de dos.

Gaston Defferre à droite, et René Ribiere à gauche, Jean de Lipowski, de dos.

La première goutte de sang est versée au bout de seulement quelques minutes et quelques coups de fer échangés : il s’agit du sang de René Ribière, celui-là même qui s’est fait insulter la veille et a défié son concurrent en duel. Vainqueur, Gaston Defferre refusera de serrer la main de son adversaire et réitérera son insulte avec plus de verve encore. Un duel qui n’aura donc servi à rien… si ce n’est à présenter un spectacle grotesque et anachronique aux Français :

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