Le Paris des chanteurs

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De Brassens le sétois à Brel le flamand en passant par Moustaki le grec et les enfants du pavé que furent Fréhel, Piaf et Gainsbourg, Paris a accueilli ou a vu naître les plus grands chanteurs français.

Tout le monde a fredonné les copains d’abord ou le métèque, vous vous êtes tous époumonés sur Amsterdam ou Non, je ne regrette rien. En prenant le métro, qui n’a pas murmuré le poinçonneur des lilas ? Toute personne ayant vu Amélie Poulain ne peut oublier Fréhel qui chante si tu n’étais pas là…
Partons sur les traces de ces légendes !

Georges Brassens : Impasse Florimont 75014 Paris

Alors qu’il effectue son Service de Travail Obligatoire dans une usine de moteurs d’avion à Basdorf, Georges Brassens bénéficie en mars 1944 d’une permission de deux semaines.
Il ne reviendra pas en Allemagne.
Il sera hébergé à Paris chez un couple (Jeanne et Marcel Planche) habitant le 9 impasse Florimont.
Après ses premiers succès, Brassens achètera la maison et, pour l’agrandir, celle de sa voisine au numéro 7. Les Planches ne payèrent plus de loyer. Marcel mourut en 1965 et Jeanne 3 ans après. C’est alors que Brassens donna la maison à son secrétaire qu’il avait rencontré au STO, Pierre Onténiente dit Gibraltar.
Vous pouvez aller visiter cette impasse qui n’a pas changé et qui est aujourd’hui cachée derrière une station service. Seules des plaques commémoratives ont été appliquées là où vécu Brassens et à côté…là où naquit son contrebassiste, Pierre Nicolas !

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Georges Moustaki : Rue Saint-Louis en l’Ile, 75004 Paris

Alors qu’il venait d’emménager dans un appartement du 17e arrondissement, Georges Moustaki dîne un soir au restaurant avec une lointaine amie qui cherche à se loger.
La soirée se terminera chez le chanteur et le lendemain matin, la jeune femme lui dira :
C’est ton appartement qu’il me faut, je t’en paye un dans le quartier de ton choix pour un montant équivalent. Chiche ! lance Moustaki, j’aimerai habiter sur l’île Saint-Louis. On y va lui répond son amante.
Et c’est ainsi que de 1961 à sa mort le « métèque » vécut au 26 de la rue Saint-Louis en l’Ile.

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Edith Piaf : enfant de Paris

De Belleville-Ménilmontant, où elle fit ses premiers pas, au 67 Boulevard Lannes, ou son corps fut ramené de Grasse, Edith Piaf est bien une fille de Paris.
Avec son amie Simone, elle chantait dans les rues, les casernes et les bars à putes de la capitale et surtout de Montmartre.
En 1935, c’est à l’angle de la rue Troyon et de l’avenue Mac-Mahon qu’elle rencontre son destin en la personne de Louis Leplée, patron du cabaret le Gerny’s rue Pierre Charon.
C’est lui qui fera d’Edith Gassion la Môme Piaf.
Ce sobriquet lui donnera le succès que l’on connait !

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Serge Gainsbourg et Fréhel: le 9ème arrondissement

Avant d’être un peintre contrarié et un chanteur génial, Serge Gainsbourg était un élève brillant.
Après avoir habitée rue de Chine dans le 20e arrondissement, la famille Ginzburg s’installe au 11 rue Chaptal dans le 9e.
En mai 1938, alors qu’il rentre de l’école élémentaire du 9 rue Blanche, le petit Lucien croise Fréhel, la chanteuse réaliste. Celle-ci, remarquant la croix d’honneur épinglé à sa blouse, lui dit : Toi, tu es un bon p’tit gars, t’as été bon à l’école, viens je t’emmène au bistrot.
La chanteuse réaliste, physiquement détruite par les excès, vêtue d’un peignoir, un pékinois sous chaque bras et son gigolo la suivant à 5 pas, offre au futur Serge Gainsbourg un diabolo-grenadine et une tartelette aux fraises. Pour elle ça sera un ballon de rouge…
Celle qui fut surnommé « l’inoubliable inoubliée » mourut à 59 ans, le 3 février 1951, dans un hôtel de passe sordide du 45 rue Pigalle.

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Jacques Brel : Montmartre

C’est en juin 1953 que Brel arrive à Paris. Il loge à l’hôtel Stevens à Pigalle, donne des cours de guitare, passe en lever de rideau à l’Olympia et se change derrière le bar !
Mais à Paris, Jacques Brel a son repère. Il se réfugie tout en haut de la butte Montmartre, dans un petit bar du 9 rue Norvins : le Tire Bouchon.
C’est ici que, tard le soir, il vient chanter au patron les chansons qu’il vient d’écrire.
A partir de 1959 il sera accompagné par Gérard Jouannest son pianiste et compositeur entre autre de « Madeleine », « Les Vieux », « Mathilde »…
Le Tire Bouchon existe toujours mais si vous tenez à le visiter, allez-y donc en semaine, en fin de journée. Vous éviterez ainsi le flot de touristes et vous découvrirez ce petit bar crêperie, où l’on joue toujours du piano en dessous d’un portrait du chanteur et où les murs sont recouvert de post-it et de divers souvenirs collés là par des clients.
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