Le premier concert clandestin des Catacombes

Catacombes

Il y a un peu plus de 120 ans, Paris a accueilli le concert le plus insolite de son Histoire : dans la nuit du 1er au 2 avril 1897, une quarantaine de musiciens a réussi à soudoyer les deux gardiens pour organiser… un concert entre les crânes et les tunnels des Catacombes ! On vous raconte cette aventure improbable.

Un journaliste infiltré (mais bel et bien invité !) lors de l’événement

Organisé dans l’illégalité et la clandestinité, ce concert aurait naturellement du tomber dans l’oubli à la mort du dernier de ses participants, et pourtant il n’en est rien ! En effet, parmi la centaine de privilégiés ayant assisté à ce concert d’un genre inattendu, s’est glissé un intrus : un journaliste du Figaro… qui s’est empressé de tout raconter à peine deux jours plus tard dans l’édition du 4 avril 1897.

Ambiance macabre entre les crânes et les ossements

«Vous êtes prié d’assister au concert spirituel et profane qui se fera le vendredi 2 avril 1897, en l’ossuaire des catacombes de Paris, par le concours d’artistes musicaux très éminents. Notes précieuses. - L’entrée sera rue Dareau, 92, près la rue Halle, dès onze heures du soir. Pour éviter le rassemblement de curieux gêneurs, prière de ne pas ordonner l’arrêt des voitures devant la porte. - Cette carte est personnelle. »

C’est par ce carton d’invitation bien mystérieux qu’ont été conviés plusieurs dizaines de Parisiens sélectionnés parmi les membres les plus éminents du Paris de l’époque. Sur la liste des invités se trouvent des peintres, des poètes, des docteurs, des professeurs de renom… Bref, des personnalités très en vue qui doivent se faire aussi discrètes que des souris ! Pas étonnant que cette petite fête ne soit pas restée secrète très longtemps.

Concert dans les Catacombes

Pour coller à l’ambiance sinistre du lieu où se déroule le concert, les musiciens ont concocté un programme qui donne des frissons : un petit cours de craniologie pour faire patienter les invités, quelques poèmes sur le thème de la mort et c’est parti pour un concert de deux heures, macabre au possible.

La Marche funèbre de Chopin, la Danse macabre de Saint-Saëns, la Marche funèbre de la Symphonie héroïque de Beethoven… Le répertoire interprété par la quarantaine de musiciens est varié dans le style, beaucoup moins dans la thématique. Avec un tel programme, on espère que l’acoustique des Catacombes était bonne !

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