Le secret derrière le nom de la station Croix Rouge

Le secret derrière le nom de la station Croix Rouge

Parisien depuis toujours et vous n’avez jamais foulé les couloirs de cette station de la ligne 10 ? C’est normal, cette halte située entre les arrêts Sèvres-Babylone et Mabillon fait partie de la dizaine de stations fantômes que compte la capitale !

Une station fantôme établie au coeur de Saint-Germain-des-Prés

Mise en service en 1923 en même temps que la ligne 10 dont elle était le terminus, la station Croix Rouge a passé la majorité de sa vie dans l’oubli et l’abandon. En effet, cet arrêt du 6e arrondissement fête tout juste ses 15 ans lorsqu’il est fermé par le gouvernement en septembre 1939, aux côtés d’autres stations jugées trop chères à l’exploitation en ce début de Seconde guerre mondiale. S’il s’agissait initialement d’une fermeture provisoire, à la fin de la guerre, on considère que la station, trop proche de ses voisines Sèvres-Babylone et Saint-Sulpice, ne mérite pas d’être ouverte à nouveau.

Finalement, l’arrêt ne sera plus jamais mis en service et ne sert plus à grand-chose : quelques événements ponctuels y prennent place, quelques visiteurs peuvent s’y balader lors des Journées du patrimoine et quelques publicités y sont tournées de temps en temps, rien de plus. Mais ce n’est pas parce que la station Croix Rouge est aujourd’hui fermée que l’on ne doit pas s’intéresser à son nom !

Station Croix Rouge

Un nom qui remonte au XVIe siècle

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, son nom ne vient ni de l’organisation humanitaire française fondée en 1864 ni de son pendant international créé un an plus tôt en Suisse. Ce dernier vient en réalité du carrefour de la Croix-Rouge (aujourd’hui place Michel Debré) dont l’origine remonte au XVIe siècle… soit près de trois siècles avant la naissance de l’organisation humanitaire.

Selon les historiens Jean Nicolas Déal et Jacques Antoine Dulaure en 1826, on doit ce nom à la présence, à partir de 1514, d’une croix  établie aux abords de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés et remplaçant une ancienne statue consacrée à Isis. La représentation de la déesse égyptienne aurait été détruite à la demande de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés de l’époque, Guillaume Briçonnet. À noter que cette croix ne ressemblait en rien à l’emblème du mouvement humanitaire, mais se présentait sous la forme d’une simple croix catholique… peinte en rouge !

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