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Les incroyables superstitions des Parisiens au fil des siècles

Des chats jetés au bûcher
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Aujourd’hui encore, nous sommes nombreux à éviter de passer sous une échelle ou à nous demander si le miroir qu’on vient de casser ne va pas nous porter la poisse pendant sept ans… On n’y croit pas trop, mais quand même ! Toutes nos superstitions font d’ailleurs partie des nombreuses craintes et croyances qu’ont connues nos ancêtres pendant des siècles. Et ce ne sont pas les moins farfelues qui sont arrivées jusqu’à nous ! La preuve avec ces quelques superstitions hautement improbables des Parisiens d’antan. Et, contrairement à nous, eux y croyaient beaucoup.

Le Moine Bourru, le terrifiant fantôme qui hante les rues parisiennes

Le père Fouettard et le Croquemitaine n’ont qu’a bien se tenir ! Tout au long du Moyen-Âge et jusqu’au XVIIe siècle, ni l’un ni l’autre ne terrifiaient encore les plus jeunes dans leurs cauchemars. À cette époque, le grand méchant qui fait peur aux petits (et grands) Parisiens, c’est le Moine Bourru. Caché derrière son immense bourre, une robe en amas de peau grossièrement tannée, il parcourt les rues pendant la nuit, tord le cou de ceux qui osent mettre le nez à la fenêtre et maltraite quiconque s’aventure un peu trop tard dehors. Victor Hugo l’évoquera d’ailleurs dans son roman Notre-Dame de Paris rappelant qu’il « courait alors par le monde je ne sais quelles histoires de moine bourru, rôdeur nocturne des rues de Paris ».

Moine bourru

Le moine bourru portant sa longue robe bourrée

Les gargouilles, un moyen de se protéger du démon

Jusqu’au XVIIIe siècle, les plus grandes craintes étaient tournées vers l’esprit du Mal. On le tenait pour responsable de tout ce qui pouvait arriver et on n’avait de cesse de vouloir s’en prémunir, notamment dans les lieux sacrés. Et comment mieux se protéger du démon qu’en le faisant fuir ? C’est ce que ce sont sans doute dit les bâtisseurs des cathédrales au XIIIe siècle en sculptant les premières gargouilles. En effet, ces emblématiques sculptures en pierre représentant des créatures malfaisantes avaient un but pragmatique, évacuer l’eau, et deux buts symboliques : rappeler aux fidèles qu’ils doivent constamment se méfier du démon et repousser le Mal par leur laideur. Grâce à leur apparence démoniaque, elles sont les gardiennes de la sainteté du lieu.

Représentation d'une gargouille

Représentation d’une gargouille. © Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVe siècle

Les chats, des êtres maléfiques que l’on doit brûler vifs

Au Moyen-Âge, la Place de Grève, actuelle place de l’Hôtel de Ville, est le lieu de tous les châtiments à Paris. On y brûle les sorcières et les hérétiques, on y exécute les condamnés et l’on y pratique les rituels contre le malin. C’est également là que, chaque année à la veille du 24 juin, a lieu la cérémonie des feux de la Saint-Jean. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette célébration est particulièrement funeste pour les chats, que les Parisiens considèrent en effet comme des êtres maléfiques. Des dizaines de chats sont donc apportés de tous les coins de Paris, enfermés dans des sacs et jetés vivants aux flammes de la Saint-Jean. La foule acclame chaque mise à mort comme une protection contre le diable. Cette « tradition » perdura jusqu’en 1648. À ses dernières heures, il ne s’agissait plus que d’un spectacle pour faire plaisir à la population…

Des chats jetés au bûcher

La corne de licorne, un objet aux vertus miraculeuses

Pendant des siècles, du Moyen-Âge au XVIIIe siècle, la corne de licorne a été considérée comme le bien le plus précieux que l’on puisse posséder. Et pour cause, cet objet légendaire (que l’on croyait alors bien réel) possédait des vertus particulièrement attirantes puisqu’elle rendait invincible et pouvait guérir quiconque la possède. De la poudre d’unicornis pouvait ainsi s’acquérir chez les apothicaires parisiens les plus influents. On ignore combien cette poudre coûtait, mais le commun des mortels ne pouvait sans doute guère se l’offrir. Une longue corne de licorne de presque deux mètres, découverte dans la cathédrale Saint-Denis, peut encore être observée au Musée du Moyen-Âge de Paris… Sauf qu’aujourd’hui on sait que les licornes n’existent pas et qu’il s’agit d’une dent de narval, un cétacé découvert en 1557 par le marin anglais Martin Frobischer !

Licorne et Narval

Licorne, narval et licorne fossile comparés sur une planche du Museum Museorum, en 1704.

L’homme rouge des Tuileries, annonciateur d’un drame pour le souverain

Nos souverains aussi ont été touchés par les superstitions… Et l’une de leurs pires craintes était, dit-on, de rencontrer le petit homme rouge des Tuileries, un fantôme synonyme de catastrophe imminente pour eux. Cet esprit serait, selon la légende, celui d’un certain Jean l’écorcheur, ancien boucher installé sur le site du futur palais construit à partir de 1564. Exproprié, puis égorgé sur ordre de Catherine de Médicis parce qu’il protestait un peu trop, il aurait lancé, au moment de mourir, une malédiction sur les futurs occupants des Tuileries. Un fléau bien dommageable quand on sait que le palais a été la résidence parisienne de la plupart des souverains français jusqu’à Napoéon III !

Les Tuileries et le Louvre vers 1865

Les Tuileries et le Louvre vers 1865

À lire également : La légende du fantôme du Louvre

Article du 11 septembre 2017

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