Qui est Hector Guimard, l’homme derrière nos entrées de métro ?

Edicule Guimard Porte Dauphine

Les bouches de métro sont aussi emblématiques de la capitale que les fontaines Wallace ou les colonnes Morris. Tout de vert vêtues, faisant habilement appel à la symbolique florale et dotée d’une typographie typique du style Art nouveau, elles ont été pensées par Hector Guimard en 1900. Mais qui se cache derrière ce grand architecte et designer du tournant du XXe siècle ?

D’une architecture classique aux prémices de l’Art nouveau

Né dans une famille lyonnaise en 1867, Hector Guimard quitte très vite le cocon familial pour rejoindre le monde artistique parisien. À seulement quinze ans, il intègre ainsi la prestigieuse École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs située dans le 5e arrondissement. Il y apprend les fondamentaux de l’architecture aux côtés de Charles Génuys, qui sensibilise le jeune homme à l’utilisation de matériaux modernes tels que le fer, le ciment ou le béton armé.

Marie-Hélène Cingal

L’Hôtel Roszé, situé au 34 rue Boileau, est le premier édifice conservé d’hector Guimard © Marie-Hélène Cingal

Pendant ses études, le jeune Hector Guimard s’intéresse de près aux écrits d’Eugène Viollet-le-Duc, dont l’ouvrage “Entretiens sur l’architecture”(1863) jette les bases de ce que sera, près de 30 ans plus tard, l’Art nouveau. Pourtant, comme le dévoile l’une des premières réalisations de l’architecte – l’Hôtel Roszé situé au 34 rue Boileau (16e) – Hector Guimard est encore un architecte classique lorsqu’il répond à ses premières commandes en 1888.

Un architecte visionnaire… mais décrié

Son style changera radicalement à partir de 1895 et sa rencontre avec l’architecte belge Victor Horta. C’est également à cette période qu’il crée l’une de ses oeuvres les plus emblématiques : le Castel Béranger, un immeuble pensé comme un véritable manifeste de l’Art nouveau. Aujourd’hui unanimement acclamé, cet immeuble sera surnommé le « Castel Dérangé » et la « maison du Diable » par ses détracteurs et vaudra à son architecte d’être qualifié de fou.

© Steve Cadman

© Steve Cadman

Devenu célèbre du jour au lendemain grâce à cet immeuble d’un tout nouveau genre, Hector Guimard sera, dans la foulée, considéré comme la figure de proue de l’Art nouveau en France. Toutes les riches familles parisiennes, tous les nouveaux hommes d’affaires installés dans le 16e arrondissement, veulent leur hôtel particulier signé “Guimard”. La capitale lui doit ainsi de nombreux édifices remarquables, tels que l’Hôtel Mezzara dans le 16e arrondissement ou l’étonnante synagogue de la rue Pavée dans le Marais.

Et enfin… les bouches de métro !

Les commandes s’enchaînent jusqu’en 1900, date à laquelle l’architecte réalise les constructions qui lui vaudront sa renommée universelle : les édicules et entourages du tout nouveau métro parisien. La Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) organise un concours, mais les projets des participants sont tellement peu originaux qu’elle choisit de l’annuler et d’imposer Hector Guimard. Il dessine alors deux types d’entrées : des édicules dont il ne reste aujourd’hui que trois exemplaires au niveau des stations Porte Dauphine, Abbesses et Châtelet, et des entourages simples, ceux que l’on croise un peu partout encore aujourd’hui. De son style si caractéristique, il donnera ainsi ses lettres de noblesse à ce mobilier urbain désormais emblématique de la capitale.

Entrées de bouches de métro

Crédit photo de une : Anthony Rauchen