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Cette sublime façade parisienne a été construite en 1856 avec de la céramique venant d’une célèbre église parisienne !

Façade Malesherbes
Par Romane Fraysse

Cette voie privée parisienne, qui abrite un grand nombre d’hôtels particuliers, a vu naître Bernard Buffet et Johnny Hallyday. Et c’est parmi ses façades hétéroclites que l’on trouve un bel édifice aux multiples couleurs, décoré de plaques de céramiques…

Une escale vers Pigalle

Partons faire un petit tour du côté de la rue des Martyrs, au sein du quartier de Pigalle. Si cette voie est désormais très animée, il n’en était rien lors de sa création, au XVIIe siècle, lorsqu’elle n’était qu’un petit sentier, parfois confondu avec la rue du Faubourg-Montmartre sur les plans. À cette époque, celle-ci menait à l’abbaye de Montmartre et se nommait la “rue des Porcherons“, en lien avec le nom de l’ancien quartier. Après la construction de l’enceinte des Fermiers généraux, une partie de la voie est comprise dans la capitale : il faut attendre le 2 avril 1868 pour que celle-ci soit réunie, sous le nom de “rue des Martyrs”.

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Les traces de la Révolution

C’est en 1855 qu’une jolie voie privée s’ouvre au sein de la rue des Martyrs. Celle-ci prend alors le nom de “cité Malesherbes” en hommage à son passé : en effet, c’est à cet emplacement que se trouvait autrefois l’hôtel particulier de Lamoignon de Malesherbes, édifié en 1723 par Louis Reynal de Lescure. Mais sous la Révolution française, cet avocat a été arrêté, puis guillotiné le 22 avril 1794. Sa demeure est alors réquisitionnée par la municipalité de Montmartre, puis démolie quelques années plus tard.

Guillaume-Chrétien de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794) - © Musée Carnavalet/RMN
Guillaume-Chrétien de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794) – © Musée Carnavalet/RMN

Un hôtel en céramique remarquable

Aujourd’hui, la cité Malesherbes conserve de nombreux hôtels particuliers aux architectures pittoresques. Au n°3, on trouve par exemple un hôtel particulier de style Art déco, où sont nés de personnalités que tout semble opposer… le peintre Bernard Buffet et le chanteur Johnny Hallyday. Au n°12, on trouve la fondation Jean-Jaurès installée dans un hôtel particulier ayant autrefois appartenu au photographe Robert Demachy, avant de devenir le siège de la SFIO entre 1971 et 1975.

La fondation Jean Jaurès. DR
La fondation Jean Jaurès. DR

Mais ce qui attire particulièrement notre regard, c’est l’hôtel particulier situé au n°11 de cette voie rocambolesque. En effet, on y découvre une magnifique façade polychrome entièrement composée de céramique et de la lave émaillée. Construite en 1856 par l’architecte Anatole Jal, celle-ci était vouée au peintre Pierre-Jules Jollivet, qui a conçu ses ornements. En effet, ce spécialiste de la lave émaillée y a apposé des fragments du décor qu’il a réalisé pour l’église Saint-Vincent-de-Paul, dans le 10e arrondissement.

Détail de l'hôtel Jollivet. DR
Détail de l’hôtel Jollivet. DR

Si l’on prête attention à l’hôtel Jollivet, on peut découvrir trois plaques représentant des scènes de l’Ancien Testament sous les fenêtres du premier étage (la Création d’Ève, le Péché originel, Adam et Ève chassés du Paradis) et trois du Nouveau Testament sous celles du troisième étage (l’Adoration des Mages, le baptême du Christ, la Cène). Mais malheureusement, cette voie privée n’est pas accessible au public, et ses hôtels restent donc difficilement accessibles.

Hôtel Jollivet
Cité Malesherbes, 75009 Paris

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