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Cet incroyable jardin privé est un haut lieu du pouvoir depuis plusieurs siècles !

Jardins de Matignon
Par Alexandre M

On n’y pense pas à chaque instant mais il est toujours bon de le rappeler : Paris est une capitale et, comme toute capitale digne de son nom, est la terre d’accueil de monuments prestigieux. Et si certains sont facilement visibles depuis la rue ou les quais de Seine, d’autres méritent une fouille plus minutieuse, cachés derrière des façades haussmanniennes ou d’imposantes grilles. Source de convoitise et de curiosité de par sa dimension politique et historique, l’Élysée fait partie de ces endroits que beaucoup aimeraient visiter, et qui ne sont accessibles au grand public qu’à travers des événements comme les Journées Européennes du Patrimoine.

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Un haut-lieu du pouvoir depuis plusieurs siècles

Parmi les lieux qui ont cette même symbolique dans la capitale, difficile de ne pas citer l’hôtel de Matignon, célèbre résidence du Premier Ministre. Propriété initiale du maréchal de France Charles-Louis de Montmorency Luxembourg, qui l’acquiert en 1719, l’hôtel particulier sera cédé à Jacques de Matignon puis aura par la suite de prestigieux habitants : Talleyrand, Napoléon 1er et l’ambassade d’Autriche-Hongrie. L’État français redevenu propriétaire du lieu en 1922, le bâtiment devient pour la première fois la résidence officielle du président du Conseil. Une fonction qui changera sous la Ve République, en étant remplacé par celui de Premier Ministre. Indissociable de l’hôtel, le jardin de Matignon est l’un des plus grands espaces verts de la capitale, avec une incroyable superficie de 3 hectares. Alliant la symétrie du style “à la française” et des massifs aussi touffus que variés, ce jardin est l’œuvre de deux prestigieux architectes du paysage : Claude Desgot, neveu et collaborateur d’André Le Nôtre, et Achille Duchêne.

Vue depuis la terrasse © Gouvernement
Vue depuis la terrasse © Gouvernement

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Le paradis vert pour les arbres majestueux

C’est donc dans le 7ème arrondissement, entre l’hôtel des Invalides et le Bon Marché Rive Gauche, derrière une discrète porte bleue, que se trouve l’un des plus beaux parcs de Paris. Une fois la porte franchie, l’accès au jardin se fait par une allée de graviers. Au sein de ce parc aménagé au XIXe siècle, l’impressionnante collection de bosquets d’arbres denses sautent immédiatement aux yeux, tant l’impression d’être face à la végétation naturelle des forêts est forte. Plus loin se trouvent les arbres plantés par les Premiers ministres, comme l’étonnant ginkgo biloba, planté en 1992 par Edith Cresson. Apparu il y a 220 millions d’années, cet arbre extrêmement résistant est le seul qui repoussa sur le sol dévasté par la bombe atomique d’Hiroshima en 1945. Il est également appelé l’arbre aux quarante écus en raison de la couleur dorée que prend son feuillage en automne. Depuis 1978, pas moins de treize arbres ont été plantés par les Premiers ministres. Actuelle occupante des lieux, la Première Ministre Élisabeth Borne a planté en 2022 un chêne vert. Autre arbre qui vaut le détour : le hêtre pourpre, âgé d’environ 150 ans, qui impressionne forcément par sa taille de 21 mètres et sa circonférence de 3,70 mètres. Enfin, qui dit jardin dit pelouse et celle de Matignon est encore une fois un modèle. Mandaté par l’ambassadeur d’Autriche-Hongrie, le paysagiste a eu consigne de réaliser une immense pelouse de réception. Depuis la terrasse de l’hôtel, une magnifique perspective s’ouvre sur le jardin redessiné au XXe siècle par Achille Duchêne.

Un refuge privé pour les oiseaux 

Trois siècles d’histoire sont donc rassemblés dans ce fabuleux espace vert et il n’est logiquement pas étonnant de trouver quelques merveilles. L’une des principales surprises du jardin est la présence sous un magnolia, dans un tapis de lierre, de deux pierres tombales. Il s’agit de la sépulture d’un chien et d’un chat datant de l’époque où Matignon fut la propriété de l’Ambassade d’Autriche-Hongrie. Aujourd’hui, le terrain n’est plus le lieu de réception d’ambassadeurs ou d’empereurs, mais le refuge pour d’autres espèces, plus volatiles… Après l’arrêt des produits phytosanitaires et de l’arrosage en quantité, le jardin a vu revenir tout un écosystème. En 2023, ce sont pas moins de 42 espèces qui ont été recensées, justifiant un peu plus le label Ecojardin reçu à l’automne dernier.

Perspective © Yves Malenfer
Perspective © Yves Malenfer
Jardins de Matignon
© Shutterstock

Jardin de Matignon
36 rue de Babylone
75007 Paris

 

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Image à la une : Jardin de Matignon © Ecoréseau Business

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