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Connaissez-vous l’histoire tragiquement cocasse qui a vu mourir un Président de la République au palais de l’Élysée ?

Palais de l’Élysée © AFP / Eric Feferberg
Par Alexandre M

C’est aux abords de la fameuse avenue des Champs-Elysées que se trouve le plus célèbre hôtel particulier de Paris, qui attire les curieux depuis des décennies. Situé au numéro 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré, l’édifice fut construit pour Louis-Henri de La Tour d’Auvergne, comte d’Évreux, avant d’être offert par Louis XV à sa favorite, la marquise de Pompadour, en 1753. Régulièrement sur le devant de l’actualité, notamment sur la scène politique, ce fameux bâtiment n’est accessible qu’à quelques privilégiés et, seulement au grand public, lors de très rares occasions comme les Journées du Patrimoine. Son nom ? Vous le connaissez bien entendu sous celui de Palais de l’Élysée !

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Un Président dont on se souvient plus pour sa mort que pour son mandat

En plus de la marquise de Pompadour, ce somptueux hôtel particulier a été occupé par de prestigieux locataires, qu’il s’agisse de Joachim Murat, beau-frère de Napoléon Ier, l’Empereur des Français lui-même ou encore Napoléon III. Ce qui était autrefois l’hôtel d’Évreux puis l’Élysée Bourbon devient dès 1848 le palais des Présidents de la République. Une fonction que le bâtiment remplit encore aujourd’hui. Inutile de dire que des discussions et échanges d’importance ont eu lieu entre les murs de ce palais au style classique. Mais l’Élysée fut aussi le théâtre d’histoires plus insolites, comme celle qui vit un Président de la République perdre la vie au sein du palais. De tous les présidents de la République dans l’histoire de France, seuls quatre sont morts au cours de leur mandat, mais un seul a perdu la vie entre les murs de l’Élysée : Félix Faure. Sous-secrétaire d’État aux Colonies puis sous-secrétaire d’État à la Marine et enfin ministre de la Marine, Félix Faure est élu Président de la République le 17 janvier 1895, à la suite de la démission de Jean Casimir-Perier. Décédé en 1899, ce n’est donc pas le Président qui aura le plus marqué l’histoire de la République, mais il est aujourd’hui reconnu comme le “Président Soleil”, en raison de son amour du faste et de l’élégance vestimentaire.

Marguerite Steinheil, une maîtresse propulsée malgré elle sur le devant de la scène © Getty Images
Marguerite Steinheil, une maîtresse propulsée malgré elle sur le devant de la scène © Getty Images

Un ultime plaisir qui lui sera fatal

N’ayant pas pu achever son mandat, le président Faure contribue toutefois au rapprochement franco-russe, participe à l’expansion coloniale et voit surtout sa période en tant que Président être marquée par l’affaire Dreyfus. C’est d’ailleurs à lui qu’Émile Zola adresse, le 13 janvier 1898, sa célèbre lettre ouverte “J’accuse… !”. Mais pour la majorité, on se souvient de Félix Faure pour sa mort… qui fit beaucoup parler. Le 16 février 1899, le peuple français apprend la mort du Président, des suites d’une congestion cérébrale, plus communément appelée AVC de nos jours. Mais très vite, le drame prend une autre tournure : le chef d’État est mort alors qu’il était en compagnie de sa maîtresse attitrée, Marguerite Steinheil. La jeune femme était en train d’offrir une certaine “gâterie” au Président lorsque celui-ci suffoqua. En entrant dans la pièce où se trouvaient les amants, le personnel de l’Élysée découvre le duo dévêtu et dans une position quelque peu gênante. La légende raconte même que le président avait les doigts crispés dans la chevelure de son amante. En plein choc, Marguerite Steinheil aurait appelé à l’aide avant de s’enfuir à toutes jambes, en oubliant sur place son corset.

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Une source inépuisable de moqueries

Arrivé sur les lieux pour l’extrême-onction, un abbé aurait ensuite demandé si le Président avait “encore sa connaissance”. “Non, elle vient de s’enfuir par l’escalier de service”, lui aurait alors répondu un garde. Si Félix Faure n’est pas décédé sur le coup, mais quelques heures après, la presse de l’époque ne laisse pas passer une telle histoire, et les jeux de mots et autres blagues fusent très vite. Si l’on dit que le Président est mort d’avoir “trop sacrifié à Vénus”, Marguerite Steinheil est très vite affublée du gracieux surnom de “pompe funèbre”. Jamais avare en bons mots, Georges Clemenceau dira de Faure en guise d’oraison funèbre : “ Il a voulu vivre César, il est mort Pompée”. Si la prise d’un médicament permettant d’exciter les virilités défaillantes, mais qui avait pour effet de bloquer la circulation rénale, fut aussi mise en avant, d’autres éléments peuvent expliquer ce funeste incident. Félix Faure souffrait de tachycardie violente depuis plusieurs mois et se trouvait mal à chaque fois qu’il avait de grosses émotions ou du stress. Un échange houleux sur la très médiatisée affaire Dreyfus quelques minutes avant le “rendez-vous” avec Marguerite Steinheil aurait donc été fatale au Président de la République. Si son décès inattendu entraîna quelques remous dans la sphère politique, c’est malheureusement pour ce plaisir fatal que Félix Faure marqua, malgré lui, l’histoire de l’Élysée et la République.

Illustration de la mort de Félix Faure © L’Illustration
Illustration de la mort de Félix Faure © L’Illustration

 

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Image à la une : Palais de l’Élysée © AFP / Eric Feferberg

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