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Saviez-vous qu'un ruisseau traversait autrefois le nord de Paris ?

Parc de Belleville
Par Romane Fraysse

On connaît la Seine, le canal Saint-Martin, et le canal de l’Ourcq. Mais Paris comptait aussi autrefois un long ruisseau qui parcourait le nord de son territoire jusqu’à se jeter dans la Seine, près du pont de l’Alma.

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Un ruisseau parisien

Autrefois, des cours d’eau descendaient des collines de Ménilmontant, de Belleville, Montmartre et du Pré-Saint-Gervais et formaient un ruisseau. Celui-ci coulait alors vers l’ouest de la capitale, au-dessus des actuels grands boulevards, et traversait l’actuel quartier du Faubourg-Saint-Honoré pour finalement se jeter dans la Seine, au niveau de l’actuel pont de l’Alma. La première mention de ce ruisseau provient d’une charte datant de 629 : étant donné qu’il provient en partie des eaux de la colline de Ménilmontant, il prend alors son nom.

Vue de Chaillot, avec le ruisseau de Ménilmontant, XVIIe siècle
Vue de Chaillot, avec le ruisseau de Ménilmontant, XVIIe siècle

La ceinture du nord

Le ruisseau traversait en fait une zone marécageuse, fréquemment inondée, qui appartenait autrefois aux chanoines de Sainte-Opportune. Dès le XIIe siècle, ces religieux ont alors demandé à drainer le terrain par le creusement de fossés d’écoulement. Ainsi, au fil des siècles, une partie du cours d’eau disparaît : c’est notamment le cas de celui situé au pied de la butte Montmartre. La partie du ruisseau traversant l’actuelle place de la République jusqu’à l’actuel pont de l’Alma continuait quant à elle à ceinturer le nord de la capitale. Tout autour se développaient alors des pâtures, des céréales, des jardins maraichers, ainsi que des vergers, jusqu’à ce que l’urbanisation gagne aussi ce territoire au XVIIIe siècle.

Fragment du plan de Truschet et Hoyaux, avec la ferme de la Grange-Batelière, le château des Porcherons et le ruisseau de Ménilmontant, 1550
Fragment du plan de Truschet et Hoyaux, avec la ferme de la Grange-Batelière, le château des Porcherons et le ruisseau de Ménilmontant, 1550

Le Grand Égout

Dès le XVIe siècle, la ville de Paris commence à s’étendre, et la population augmente à vue d’œil. Ainsi, la problématique de l’évacuation des eaux usées commence à être discutée. Finalement, il est décidé que le ruisseau de Ménilmontant devrait être transformé en égout : pour cela, on détourne son cours d’eau pour qu’il puisse suivre les actuels Grands Boulevards, qui correspondaient autrefois aux limites de la ville, au nord. Celui-ci est alors renommé “Grand Égout“.

Le Grand Egout de la Rive droite, avant et après les travaux de 1738-1740 - © APUR / ALPAGE
Le Grand Égout de la Rive droite, avant et après les travaux de 1738-1740 – © APUR / ALPAGE

Puis, en 1740, son tracé est légèrement modifié par creusement d’un nouvel égout, partant de l’actuelle place de la République vers les rues du Château-d’Eau et du Colisée jusqu’à rejoindre la Seine près du Trocadéro. Quelques années plus tard, pour des raisons d’hygiène, la ville autorise les riverains à recouvrir le Grand Égout si chaque propriété se charge du nettoyage : une mesure qui n’est pas vraiment appliquée. Toujours est-il que le canal est progressivement recouvert de nouvelles rues. Finalement, en 1823, le fleuve a entièrement disparu, excepté dans le nom d’une rue du 20e arrondissement : le passage du Ruisseau-de-Ménilmontant.

À lire également : Une traversée de la Seine au fil de ses anecdotes

Image à la une : Vue aérienne de Paris – © Adobe Stock

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