Quand la SNCF a été menacée : ce chemin de fer a voulu surpasser Paris

Gare de Gallardon-Pont © Wikicommons

En matière de lignes de chemins de fer, la France n’a rien à envier ! Entre les TGV, les RER, les transiliens, les tramways, les bus, câbles, et ses nombreux métros, les transports en commun de l’hexagone ne cessent d’évoluer. Le Grand Paris est également une révolution. Mais ce n’est pas uniquement au XXIème siècle que la « course aux transports » a connu un essor. Au siècle dernier, et même à la fin du XIXe siècle, de nombreuses compagnies cherchaient à avoir le monopole, ou à défendre leurs droits contre les lignes qui avaient la cote à Paris. Dans cette histoire vraie, et oubliée, l’ancêtre de la SNCF a connu un concurrent, qui n’est plus qu’un fantôme aujourd’hui.

La France et les chemins de fer

Nous ne sommes pas encore au XXème siècle, et une ligne de chemin fer est boudée sur les cartes du réseau Français. Il s’agit de la ligne de chemin de fer de Chartres, qui passait par la ville de Gallardon. On la surnommait « Chagall ». Elle a été construite par l’administration des chemins de fer d’une compagnie privée nommée « l’État ». Le Chagall était un chemin mal aimé, car il n’atteignait pas Paris, contrairement à ses voisins. Notez que le Chagall avait une grande importance pour beaucoup d’habitants, car il devait constituer la liaison ParisBordeaux en passant par Chartres, Saumur, Niort et Saintes. Nos lecteurs voyageurs constateront que le TGV de l’Atlantique emprunte bon nombre de ces arrêts : sauf Chartres ! Cette ligne faisait d’ailleurs partie du plan Freycinet (1879). Un plan de travaux monumentaux, que nous pouvons comparer au Grand Paris moderne ! L’objectif était de moderniser la France dans un plan d’installation de chemins de fer, et d’installations portuaires. Ce plan durera jusqu’en 1914 et sera réalisé à 97.2 %. Le Chagall, lui, vivra une histoire plus mouvementée et déstructurée, au plus grand désarroi des habitants d’Eure-et-Loir.

Ligne d'Ouest-Ceinture à Chartres © Wikicommons
Ligne d’Ouest-Ceinture à Chartres © Wikicommons

La SNCF de l’époque : menacée ?

Le Chagall restait totalement enclavé ; ce qui handicapait un grand nombre d’habitants. En 1909, l’État rachète alors le réseau de l’Ouest, ce qui lui permet d’avoir accès à de grandes gares parisiennes (et non des moindres) : Saint-Lazare, Invalides et Montparnasse. Le chantier du Chagall se poursuit alors, mais l’État se concentre sur ses chemins de fer plus prisés, qui, eux, arrivent jusqu’à Paris. Alors, tout continue lentement, très lentement : le Chagall continuera de s’agrandir difficilement durant 24 ans ! En cause : il n’est plus la priorité, et l’administration ferroviaire ne suit pas.  Clairement : ce petit chemin de fer non loin de Chartres n’a pas été une menace très longtemps. Au moins, des trains y circuleront, mais seulement entre 1931 et 1939. La section finale vers Paris ne sera jamais construite. Le Chagall fait partie de ces lignes de chemins de fer qui auraient pu révolutionner la manière dont on se déplace dans les alentours de l’Île-de-France… Sans que cela n’aboutisse.

Viaduc des Fauvettes, Ligne d'Ouest-Ceinture à Chartres © Wikicommons
Viaduc des Fauvettes, Ligne d’Ouest-Ceinture à Chartres © Wikicommons

Réseau de Paris : jamais surpassé

La voie ferrée du Chagall n’a finalement pas surpassé celles qui étaient déjà reliées à Paris. Cependant, vous pouvez toujours en voir les vestiges ! Sachez que la plateforme de la voie ferrée est encore visible de Chartres à Ymeray, en Eure-et-Loir. Cette voie ferrée empruntait un chemin semblable à celui de l’actuelle autoroute A11. Encore mieux : vous pouvez encore profiter d’une des parcelles du Chagall, grâce au vélorail du Pays Chartrain. Finalement, le Chagall connaît une nouvelle vie plus proche de la nature, et dont certaines parcelles plairont aux fans d’urbex ! C’est une fin plutôt insolite et novatrice, pour ce chemin de fer qui aurait voulu surpasser plus fort que lui !

 

Archive du Chagall © Vélorail du Pays Chartrai
Archive du Chagall © Vélorail du Pays Chartrai

Photo à la une : Gare de Gallardon-Pont © Wikicommons

Rédactrice
Mes écrits révèlent mes passions, aussi brûlantes que mon imagination. Je rêve d'architecture, d'art naïf, de nature, d'histoires oubliées, de l'Île-de-France et ses secrets.