Le métro parisien fut le premier au monde à installer un escalator… dès 1909 !


Ils ont révolutionné les déplacements urbains il y a plus d’un siècle. Pourtant, aujourd’hui, ils font tellement partie du paysage qu’on ne les remarque presque plus. On parle bien sûr des escaliers mécaniques du métro parisien ! Et peu de gens le savent, mais c’est dans la capitale que fut installé le tout premier escalator d’un réseau métropolitain au monde, à la station Père-Lachaise, en mars 1909.

Une innovation parisienne devenue indispensable

Plus de cent ans plus tard, les escaliers mécaniques sont devenus incontournables. Le réseau francilien en compte désormais près de 1 000 dans le métro, auxquels s’ajoutent plusieurs centaines d’ascenseurs et une quinzaine de trottoirs roulants. Oui, celui de Montparnasse nous vient aussi immédiatement à l’esprit (d’ailleurs -spoiler alert- on vous parlera bientôt de la folle histoire du trottoir roulant de Montparnasse). Mais revenons à nos escalators. Au total, plus de 1 500 équipements mécanisés facilitent chaque jour les déplacements de millions de voyageurs. Car il suffit qu’un escalator tombe en panne pour rappeler à quel point on y est attaché. Remonter plusieurs dizaines de marches avec une valise ou une poussette ? Une expérience qu’on a tous vécue et qui donne aussi chaud que la canicule parisienne actuelle ! Dans certaines stations particulièrement profondes, l’effort est même particulièrement éprouvant. Pourtant, malgré les progrès technologiques, ces installations restent aussi sophistiquées que fragiles. Derrière leurs marches d’aluminium se cache une mécanique complexe qui nécessite une surveillance constante et un entretien minutieux.

Pourquoi les pannes semblent-elles si longues ?

C’est l’une des questions qui revient le plus souvent chez les usagers. Comment un simple escalator peut-il rester immobilisé plusieurs jours, voire plusieurs semaines ? La réponse se cache sous les marches. Un escalier mécanique est un concentré de mécanique de précision : chaînes, moteurs, systèmes de sécurité, capteurs électroniques et pièces d’usure fonctionnent en permanence, parfois plus de vingt heures par jour. Les équipes spécialisées de la RATP réalisent ainsi des milliers d’interventions chaque année. En moyenne, chaque appareil nécessite une trentaine d’opérations de maintenance annuelles. Une mission essentielle pour garantir la sécurité des voyageurs.

Le premier escalator faisait peur aux voyageurs

Retour en 1909. C’est à la station Père-Lachaise qu’est installé le tout premier escalator du métro parisien, une première mondiale pour un réseau souterrain. « Dans quelques jours, on inaugurera, à la station métropolitaine du Père-Lachaise, un escalier mécanique qui recevra les voyageurs à la descente des trains et, sans secousse ni fatigue, les déposera à la sortie du métropolitain. […] L’escalier […] fera gravir aux voyageurs 2 étages en 25 secondes et pourra transporter 5 000 voyageurs à l’heure », indique un article du Figaro de l’époque. Mais si l’innovation fascine, elle inquiète aussi. À l’époque, certains voyageurs observent la machine avec méfiance et hésitent à poser le pied sur ces marches qui se déplacent toutes seules. Il faut dire que ce pionnier n’avait rien à voir avec les escalators modernes : entièrement construit en bois, avec sa mécanique apparente et son allure imposante, il ne ressemblait pas vraiment à un équipement destiné au confort des usagers. Plus d’un siècle plus tard, difficile d’imaginer que ces fidèles compagnons du quotidien aient un jour suscité autant de curiosité et d’appréhension.

Exemple d’escalator en bois

Quelques records (parce qu’on sait que vous adorez ça)

Le plus petit escalator se trouve à la station Havre-Caumartin. Avec seulement 49 marches et un dénivelé de 2,60 mètres, il passe presque inaperçu. À l’inverse, le plus grand est installé à Place des Fêtes. Ses 256 marches et sa pente de 30 degrés donnent parfois l’impression d’une ascension sans fin. Des dimensions qui témoignent de la diversité architecturale du métro parisien, où chaque station possède ses propres contraintes techniques.

Le métro Place des Fêtes et son escalator avec ses 256 marches

Vers toujours plus d’escalators ?

Actuellement, près des deux tiers des stations du métro sont équipées, au moins partiellement, d’escaliers mécaniques. Face à l’augmentation constante du nombre de voyageurs et aux enjeux d’accessibilité, la RATP souhaite poursuivre leur déploiement. Un défi complexe dans un réseau centenaire où chaque nouvel équipement doit s’adapter à des infrastructures parfois très anciennes. Plus d’un siècle après l’installation du premier escalator à Père-Lachaise, ils continuent donc d’accompagner le quotidien des Franciliens. Souvent critiqués lorsqu’ils sont à l’arrêt, ils restent l’une des inventions les plus précieuses du métro parisien.

À lire également : Avec ses quais à 36 mètres sous terre, cette station de métro est actuellement la plus profonde de Paris

Rédacteur
Touche-à-tout passionné, on peut aussi bien le croiser dans la fosse d’un concert qu’au détour d’une exposition ou au balcon d’un théâtre.