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C’est dans une forêt de Nouvelle-Zélande que le botaniste Sebastian Leuzinger et son collègue Martin Bader ont découvert une souche qui s’apparente à celle d’un arbre zombie. Techniquement morte, la souche continue quand même d’abriter un organisme vivant qui se développe. Cette découverte soulève la question de l’interconnexion entre les arbres et leur équilibre commun.

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Une souche morte, mais un système bien vivant 

En étudiant les arbres kauri, espèce prospère en Nouvelle-Zélande, les botanistes ont fait une découverte pour le moins mystérieuse. Une souche d’arbre, à priori morte, possède en son sein des tissus bien vivants. Selon l’étude scientifique publiée dans la revue Iscience, la souche continue de posséder un organisme vivant grâce au réseau souterrain avec les autres arbres.

Pour survivre, un arbre doit capter l’eau du sol via ses racines et ses feuilles. Cette souche ne possédant pas de feuilles, le processus de photosynthèse et de captage de l’eau est impossible. Comme l’explique Martin Bader au New-York Times : « N’importe qui penserait simplement que la souche est morte. Elle a l’air morte en effet, mais si on regarde d’un peu plus près, on peut voir des tissus vivants. Nous nous sommes donc demandé : si cette souche n’est visiblement pas morte, mais alors comment vit-elle ? »

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Wood Wide Web

Grâce au réseau souterrain, la souche est reliée aux autres arbres vivants, qui lui transmettent des nutriments nécessaires à sa survie. Mais alors, pourquoi maintiennent-ils une souche morte en vie ? Car la souche et les arbres vivants s’entraident. Les arbres entretiennent la survie de la souche en lui transférant des nutriments vitaux, tandis que la souche, qui ne produit pas d’énergie vu qu’elle n’a pas de branches ni de feuilles, propose aux autres arbres d’utiliser ses propres racines pour qu’ils puissent absorber de l’eau. Interrogés par TheAtlantic, les chercheurs nous invite à repenser l’arbre, non comme une entité solitaire, mais plutôt comme membre d’une forêt “superorganisme” qui redistribue les ressources entre les espèces.

Ce dispositif solidaire, vulgarisé par les chercheurs sous le terme “Wood Wide Web”, permettrait aux arbres de lutter pour leur survie, notamment durant les périodes de sécheresses, les arbres les plus proches des points d’eaux distribuant de l’eau à leurs congénères en difficulté. Ce phénomène de partage est déjà connu dans le monde scientifique. En effet, il a déjà été prouvé que les arbres communiquent grâce aux champignons dans le sol, et partagent entre eux des nutriments vitaux. Pourtant, cette découverte creuse un peu plus le mystère autour de l’interconnexion entre les arbres, et leur solidarité semble dépasser de loin ce que nous pouvions imaginer.

Le chercheur Sebastian Leuzinger concluera au New-York Times : “Nous savons probablement plus de choses sur la surface de la Lune que sur le fonctionnement interne des arbres“.

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