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Bientôt la première statue de femme noire à Paris !

Par Camille Beau

Figure méconnue de la résistance des esclaves noirs en Guadeloupe, Solitude, aussi appelée “la mulâtresse”, prête son nom à un jardin inauguré le samedi 26 septembre dernier dans le 17e arrondissement de Paris. À terme, la Mairie de Paris envisage d’y installer une statue à son effigie : ce sera la première statue de femme noire dans la capitale. Il était temps !

Un symbole de la lutte contre l’esclavagisme

Une mulâtresse, pour reprendre le vocable utilisé au temps du colonialisme, est une personne née d’un parent blanc et d’un parent noir. Solitude, de son nom de naissance Rosalie, est née en 1772 d’une esclave africaine violée par un marin blanc sur le navire qui la déportait aux Antilles. Alors que la France avait fin à l’esclavage en 1794, Napoléon Bonaparte le rétablissait 8 ans plus tard en Guadeloupe : c’est à ce moment-là que Solitude, tout juste enceinte, entre dans la résistance et repousse les insurgés. Mais, arrêtée en 1802, elle est pendue le au lendemain de son accouchement, à l’âge de 30 ans.

Une sous-représentation des femmes dans l’espace public

Cet hommage fort rendu à la « mulâtresse Solitude » devrait avoir un grand retentissement à Paris. En effet, sur le millier de statues disséminées dans la capitale, les femmes sont très peu représentées : si l’on enlève les figures mythologiques, il n’y en a qu’une quarantaine. Et toutes sont blanches. Sans compter que sur la majorité écrasante de figures masculines, on compte quelques statues controversées de colonisateurs… En réponse à la la question : “Faut-il les déboulonner ?”, la Mairie de Paris semble répondre par l’installation d’une statue de résistante noire.

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