
Déportée à 16 ans et demi à Auschwitz, ministre de la Santé à l’origine de la légalisation de l’avortement, présidente du Parlement européen, membre de l’Académie française ou encore cinquième femme à entrer au Panthéon, Simone Veil reste assurément une figure emblématique du combat des femmes. Mais la femme de convictions disparue en 2017 était également témoin majeur de la mémoire de la Shoah. C’est justement l’histoire de sa fratrie brisée par la guerre et sa vie d’après qui est abordée dans l’expo au Mémorial de la Shoah !
Une fratrie brisée par la guerre et la déportation
Si sa vie publique est très documentée, en raison de ses nombreux combats qui ont marqué la France et l’Europe, force est de constater que sa vie privée l’est un peu moins. C’est cet aspect que le photographe et réalisateur David Teboul a souhaité mettre en lumière, à travers une exposition gratuite présentée au Mémorial de la Shoah du 10 février au 15 octobre 2026. Intitulée Simone Veil. Mes sœurs et moi, celle-ci rassemble plusieurs photographies, documents d’époque, correspondances et interviews qui dévoilent les relations que la femme d’État entretenait avec sa famille, et plus particulièrement avec ses sœurs, Madeleine et Denise.
De leur petite enfance à l’âge adulte, en passant par la guerre et la déportation, leurs liens ont évolué au fil des ans, et surtout à cause des événements qui ont marqué durement leurs vies. Dernière née d’une fratrie de quatre enfants, qui compte également le petit frère Jean, les quatre enfants ont subi les violences de la Seconde Guerre mondiale et l’horreur des camps d’Auschwitz. Une jeunesse brisée et mouvementée que l’exposition retrace, à travers notamment l’engagement résistant de Denise, l’arrestation de plusieurs des filles, la séparation de la famille, la mort ou encore le retour à la vie après la guerre.
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Une figure et une histoire qui ne cessent d’inspirer
Déjà auteur du documentaire “Simone Veil, une histoire française”, dont l’exposition s’inspire, David Teboul interroge la transmission de la mémoire au sein de la fratrie. Preuve de l’importance de cette exposition, une grande partie des pièces présentées (correspondances, journaux intimes et photographies familiales) est dévoilée au public pour la première fois. Des archives personnelles qui permettent d’éclairer l’expérience de la Shoah à travers le regard de ces jeunes femmes et de découvrir une facette jusque-là inédite de Simone Veil. À noter que l’exposition s’accompagne de la publication d’un livre, également titré Simone Veil, mes sœurs et moi, à paraître le 5 février aux éditions Les Arènes.
Depuis son décès, de nombreux établissements scolaires et publics, ainsi que des rues, ont reçu le nom de Simone Veil, illustrant son destin, sa détermination et son courage. Par ailleurs, de multiples hommages populaires lui ont été rendus, tant par le grand public que par des artistes, soulignant la popularité toujours très forte de celle qui reste l’une des personnalités préférées des Français. Quant au Mémorial de la Shoah, il développe depuis de nombreuses années des actions de sensibilisation destinées au public scolaire pour comprendre l’histoire du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les actions notables, la conception et réalisation d’expositions “itinérantes”, destinées à circuler dans différents établissements.
Simone Veil. Mes sœurs et moi
Du 10 février au 15 octobre 2026
Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy l´Asnier
75004 Paris
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Image à la une : Simone Veil © AFP
