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Les distributions alimentaires viennent d'être interdites dans le nord-est de Paris

Distribution alimentaire à Paris - © Joséphine Brueder / Ville de Paris
Par Romane Fraysse

La décision a été prise par la préfecture de police, ce lundi 9 octobre 2023 : les distributions alimentaires sont interdites entre les 10e et 19e arrondissements parisiens durant un mois, afin d’empêcher la formation de tout nouveau campement. Une mesure scandaleuse qui se place dans la continuité du grand nettoyage mené pour les Jeux olympiques de 2024 au sein de la capitale.

Une interdiction durant un mois

Nous vous parlions récemment des projets controversés pour Paris 2024, et notamment du transfert des sans-abris vers des “sas d’accueil temporaires régionaux” avec une grande discrétion. La politique de nettoyage menée par la Ville semble se poursuivre, puisqu’un arrêté de la préfecture de police vient d’annoncer une “interdiction des distributions alimentaires” entre le 10 octobre et le 10 novembre 2023 sur plusieurs secteurs des 10e et 19e arrondissements, incluant le boulevard de la Villette, les alentours des métros Stalingrad et Jaurès, ainsi que la gare de l’Est. Une décision qui fait suite à la volonté de la préfecture d’une “mise à l’abri” des centaines de sans-abris installés dans ces quartiers, afin d’éviter la formation de nouveaux campements.

La station de métro Stalingrad à Paris - © besopha
La station de métro Stalingrad à Paris – © besopha

Ce que dit l’arrêté sur ces distributions

Dans l’arrêté publié lundi, la préfecture de police indique vouloir “prévenir la réitération d’atteintes graves à la sécurité publique“. Celle-ci poursuit en déclarant que “ces distributions alimentaires engendrent, par leur caractère récurrent, une augmentation de la population bénéficiaire de ces opérations et qu’elles contribuent, en corollaire, à stimuler la formation de campements dans le secteur du Boulevard de la Villette, où se retrouvent des migrants, des personnes droguées et des sans domicile fixe”, que celles-ci causent des “troubles à l’ordre public” et des “nuisances“. Le message est donc clair : migrants et sans-abris ne sont pas les bienvenus dans une ville qui souhaite une nouvelle fois les cacher sous le tapis – ou les “mettre à l’abri”, comme préfère le dire la PP – au lieu de mener une véritable politique de lutte contre la précarité.

Une tente sous un pont de Paris, 2021 - © Shutterstock
Une tente sous un pont de Paris, 2021 – © Shutterstock

Un recours déposé

Plusieurs associations et médias ont réagi contre cette décision. Ce mercredi 11 octobre, l’association d’aide aux migrants Utopia 56 a déposé un recours devant le tribunal administratif, tout comme la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Selon Utopia 56, l’État applique « le même schéma qu’à Calais », où des arrêtés sont régulièrement pris depuis 2020 pour éviter le rassemblement de sans-abris. L’association MyMaraude a également lancé une pétition afin de s’opposer fermement à cet arrêté et demander le respect des “droits fondamentaux”. Depuis plusieurs mois, on constate en effet une accélération de mesures à l’éthique douteuse prises au sein de la capitale. Les Jeux olympiques seraient-ils le catalyseur d’une politique injuste menée par l’État ?

Romane Fraysse

À lire également : Bouquinistes, Crous, caméras “intelligentes”, où en sont ces projets controversés de Paris 2024 ?

Image à la une : Distribution alimentaire à Paris – © Joséphine Brueder / Ville de Paris



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