buttes chaumont

Imaginé tout en dénivelé, le parc des Buttes-Chaumont est l’un de ces jardins parisiens qu’on ne lasse pas de fréquenter, que ce soit pour un footing matinal, un apéro entre amis ou une balade à deux. Mais façonné de toutes pièces au XIXe siècle, il subit aujourd’hui les affres du temps. Le gypse originel ayant accumulé trop d’humidité, celui-ci commence à se dissoudre dangereusement, augmentant les risques d’éboulement au niveau de l’île ou de la grotte. Plusieurs endroits sont désormais interdits au public.

Un parc artificiel 

Construit à l’emplacement des anciennes carrières de la colline du Mont Chauve, le magnifique parc des Buttes-Chaumont a ouvert ses portes en 1867 sous l’impulsion de Napoléon III. On peut notamment y voir une grotte artificielle décorée de fausses stalactites en ciment, mais aussi l’île du Belvédère, au sommet de laquelle un kiosque s’inspire du temple de Vesta à Tivoli. Tout un programme qui a conquis un nombre incalculable de visiteurs depuis plus d’un siècle et demi.

Plusieurs endroits dangereux

Oui, mais voilà, aujourd’hui, tout se casse la figure. Depuis la mi-juillet, le temple de la Sibylle qui surplombe le lac n’est plus accessible en raison de risques d’effondrement. Patrice Boccacci, paysagiste, explique dans les colonnes du Parisien : « d’un côté, les culées du pont de Sibylle sont en train de s’effondrer. Quant à l’autre allée, elle subit un important glissement de terrain. »Même topo dans la grotte, pourtant toujours ouverte au public : un filet de sécurité retient les morceaux de pierre qui menacent de se détacher.

Patrice Boccaci est formel : de nombreux endroits du parc sont dangereux pour les visiteurs. Selon lui, le pic d’Etretat, imitation de la célèbre falaise normande, “pourrait s’effondrer, demain ou dans dix ans, non pas dans le lac, mais sur le pont suspendu“. Sans parler du chemin des aiguilles, escalier de pierre qui serpente à flanc de colline, et qui est fermé depuis 1999.

Pourtant, les Buttes-Chaumont sont en travaux perpétuels depuis des décennies. Alors qu’une enveloppe de 5 millions d’euros avait servi à sécuriser le parc et à réaliser quelques travaux en 2020, une somme similaire a été débloqué par l’Hôtel de Ville en juillet pour financer les investigations nécessaires à la remise en état du jardin. De son côté, Christophe Najdovski, adjoint d’Anne Hidalgo chargé de la végétalisation de l’espace public et des espaces verts, souhaite qu’un chantier d’envergure soit lancé au cours de la mandature avec une enveloppe de 8 millions d’euros. Rien n’est trop beau pour sauver ce parc iconique !

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