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Il y a un peu plus de trois mois la cathédrale Notre-Dame s’embrasait, sous les yeux stupéfaits du monde entier. Depuis, les conditions de la restauration s’affinent et moins d’une semaine après le vote d’une loi fondamentale en la matière, le chantier s’est pour la première fois ouvert aux journalistes. Immersion dans le chantier herculéen de Notre-Dame.

Avant la restauration, la sécurisation

Une chose semble déjà certaine : les travaux de restauration ne pourront effectivement débuter avant au moins 1 an.

A l’extérieur, le risque d’effondrement de la voûte reste conséquent, c’est pourquoi des éléments de charpente bois ont été installés pour soutenir les arcs-boutants. Dix ont déjà été posés à l’aide d’une grue qui culmine à 70 m, et 18 autres vont être installés d’ici les prochaines semaines. A cause de la canicule, les joints et les maçonneries (qui remontent pour certains au XIIIe siècle) ont fortement été fragilisés, ce qui suscite la crainte d’un nouvel effondrement de la voûte !

A l’intérieur, le spectacle reste marqué par la désolation. Les gravats, émanant de la charpente ou de l’aiguille de Viollet-le-Duc, continuent de joncher le sol. Des robots « s’échinent » à déblayer les gravats, un par un, puis envoient par blocs les matières récoltées à des scientifiques. Ces débris sont ensuite analysés et triés, car une partie d’entre eux possède une valeur historique et architecturale importante, qu’il sera peut-être possible de réemployer ou de conserver si leur état le permet. À ce jour, les trois quarts des gravats jonchant le sol ont été évacués. notre-dame-de-paris-2-paris-zigzag

Le danger de la pollution au plomb

Du plomb recouvrait la toiture qui s’est écroulée. De ce fait, un fort risque de pollution au plomb, véhiculé par la poussière, fut mis à jour récemment par les scientifiques. Si l’on ne connaît pas encore les conséquences directes que cela peut générer sur les populations riveraines – pour atténuer le plus possible les risques de contamination, un large périmètre est encore fermé autour de Notre-Dame – les ouvriers du chantier utilisent aujourd’hui la vaporisation en eau, pour diminuer le risque d’intoxication au plomb dans l’air. Les combinaisons et les masques sont de rigueur pour les ouvriers, mais cela suffit-il ? On a en cela appris il y a quelques jours que les travaux ont été interrompus le temps que les entreprises en charge du chantier appliquent les règles pour protéger leurs ouvriers.

La suite

Une fois la nef dégagée, le reste de la toiture sera à son tour déblayée, par des ouvriers tenus par une corde. Pour recouvrir et sécuriser l’édifice un immense « parapluie » sera enfin installé.

C’est seulement après cette ultime étape de sécurisation que les travaux de reconstruction de la charpente (en bois ou en métal ?), des voûtes, de la couverture et de la flèche pourront effectivement débuter. En toute fin de processus, un travail de dépollution du site devra être employé avant d’accueillir, à nouveau, le public.

C’est un travail de longue haleine qui attend les ouvriers du chantier de Notre-Dame ! Il ne reste plus qu’à être patient.

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