Portrait de parisien : Madame de Sévigné

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Célèbre épistolière du XVIIe siècle, Madame de Sévigné est connue pour les lettres qu’elle écrivit à sa fille. Elles sont à la fois un admirable témoignage de son amour pour elle, mais elles constituent aussi pour nous une observation intéressante de la société de son temps et notamment de la vie à la cour de Louis XIV.

Une naissance dorée

Marie de Rabutin-Chantal est née en plein cœur de Paris, sur la célèbre place des Vosges, le 5 février 1626. Son grand-père y avait fait construire l’hôtel de Coulanges vingt ans auparavant, juste à côté du Pavillon du Roi (actuellement entre le 1bis place des Vosges et le 11 rue de Birague) : c’est lui qui l’élève ici puisqu’elle perd son père et sa mère en bas âge. À sa mort, son éducation sera assurée par ses oncles, basée sur l’étude des langues et des « belles lettres ».

Une vie mondaine

À 18 ans, elle épouse Henri de Sévigné – un noble breton – à l’église Saint-Gervais, et acquiert ainsi le titre de marquise. Malheureusement, à peine sept ans plus tard, il sera tué lors d’un duel : elle se retrouve seule avec ses deux enfants, Françoise et Charles. Madame de Sévigné s’occupe elle-même de leur éducation, elle s’installe à l’Hôtel Carnavalet et fréquente l’Hôtel de Rambouillet, célèbre salon littéraire situé tout près du Louvre. Elle rencontre ainsi toute l‘intelligentsia parisienne, de madame de La Fayette à Jean de la Fontaine en passant par Madeleine de Scudéry. Elle présente sa fille à la cour et la marie au comte de Grignan, qui est lieutenant général en Provence.

Les lettres

Françoise part donc rejoindre son mari à Grignan : cette séparation est extrêmement douloureuse pour la marquise, et pour sa fille, qui s’ennuie loin de la capitale… Madame de Sévigné lui écrit donc tous les jours pour la tenir au courant de ce qui peut l’intéresser à Paris et lui fait part aussi de ses sentiments. A travers cette correspondance, on découvre alors toutes les nuances de l’amour d’une mère, mais aussi les histoires de la haute société de cette époque. Petits scandales, grands événements, politique, religion…plus de 1100 lettres se dévoilent aujourd’hui à nous. En avril 1696, alors qu’elle rend visite à sa fille et à ses petits-enfants à Grignan, la marquise décède de la petite vérole.