Pendant la période de confinement que la France a vécu, de multiples dispositifs ont été mis en place afin de simplifier la vie des Français enfermés. À Paris, depuis le 11 mai, 50 kilomètres de pistes cyclables ont été installés, parfois en une nuit, le processus ayant été accéléré au vu de la situation.

Une volonté de pérenniser le dispositif…

Ces « coronapistes » comme elles sont appelées, empiètent sur des voies habituellement réservées aux voitures. La maire de Paris, Anne Hidalgo, ne cache pas sa volonté de rendre définitifs certains de ces dispositifs, afin d’encourager la « mobilité douce » et de réduire l’usage de transports polluants.

C’est surtout le cas pour la rue de Rivoli, artère majeure de la capitale. Un constat simple se fait : depuis que les pistes cyclables ont été élargies, on a observé plus de 11000 cyclistes emprunter l’axe, un record historique ! La volonté de la mairie est de rendre la rue uniquement accessible à certains véhicules et ce de manière définitive : taxis, véhicules d’urgence, vélos et bus.

Cyclistes Rivoli
Les cyclistes rue de Rivoli après le confinement.

Bien entendu, face à ce projet qui commence à prendre de l’ampleur, les pro-vélos applaudissent, mais pas seulement : Thierry Ardisson, animateur et habitant du quartier est également le fondateur de défense des arcades Rivoli et ne cache pas son enthousiasme quant à l’idée.

…Qui ne plait pas à tout le monde

Seulement, ce plan ne profiterait pas à tout le monde et beaucoup sont radicalement opposés à l’application d’une telle mesure. En première ligne, les commerçants, qui sont inquiets d’une baisse de la fréquentation et donc de leur activité. D’autant plus que la situation est déjà très compliquée pour leur survie.

En outre, certains habitants ne voient pas du tout l’idée d’un bon œil, et parlent d’un arrachement de l’identité du quartier : quartier historique, le moins habité de la ville, mais aussi celui où l’on enregistre le plus de passage ! Que serait alors le quartier et Paris plus largement, sans le bruit, l’agitation et la densité de la rue de Rivoli ?

Un autre argument en défaveur du projet émerge : si l’on piétonnise des grands axes comme celui-ci, ce sont les rues alentour et donc les petits axes qui vont se retrouver à terme congestionnés. Or c’est dans ces petites rues que les gens vivent et c’est eux qui vont assister à l’émergence d’une nuisance sonore inexistante auparavant.

Beaucoup d’interrogations donc, pour ce projet qui verra peut-être le jour si la maire actuelle Anne Hidalgo est réélue le 28 juin prochain. Que tout  le monde se rassure cependant : il faudra beaucoup de temps et de démarches, voire même une discussion avec les habitants, avant que la rue ne se vide à tout jamais de ses habitants motorisés…

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