Le Paris de Victor Hugo

25 décembre 2016

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De son premier domicile de la rue Neuve-des-Petits-Champs à son décès en 1885 dans son appartement du XVIe, Victor Hugo aura eu, en tout et pour tout, 25 lieux de vie parisiens ! Difficile, donc, de faire le tour des endroits qui ont compté dans la vie de cet intellectuel engagé, monstre sacré de la littérature française qui a été poète, romancier, dramaturge et homme politique. On vous fait découvrir les plus importants…

Le premier domicile parisien du jeune Victor

Victor Hugo n’a pas encore deux ans quand il foule pour la première fois les rues de la capitale. Troisième et dernier enfant de Joseph Hugo et Sophie Trébuchet, Victor Hugo naît à Besançon le 26 février 1802. Après des séjours à Marseille, Bastia et sur l’île d’Elbe, la famille quitte l’Italie et s’installe à Paris. Nous sommes début février 1804 et la famille élit domicile au 76 de la rue Neuve-des-Petits-Champs. Elle restera près de cinq ans dans cet appartement du IIe arrondissement dont il ne reste malheureusement rien et qui correspond aujourd’hui au numéro 20 de la rue Danielle-Casanova.

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La rue Neuve-des-Petits-Champs, devenue rue des-Petits-Champs, en 1909.

Où ? 20 rue Danielle-Casanova, 75002
Métro : Opéra (lignes 3,7 et 8), Pyramides (lignes 7 et 14)

Sa maison de la place des Vosges transformée en musée

En 1832, Victor Hugo s’installe dans un appartement de l’hôtel de Rohan-Guémené, au numéro 6 de la place Royale, qui deviendra place des Vosges en 1848. Pendant seize ans, l’auteur de Notre-Dame-de-Paris y écrira plusieurs de ses oeuvres majeures, dont Lucrèce Borgia et Ruy Blas, ainsi qu’une partie des Misérables et des Contemplations. Il y recevra également quelques uns des écrivains et penseurs les plus illustres de son temps, parmi lesquels Balzac, Lamartine, Alfred de Vigny ou encore Prosper Mérimée. En juin 1903, presque cent ans après la naissance du père de la petite Cosette, l’hôtel de Rohan-Guéménée devient un musée à sa gloire, géré par la Ville de Paris.

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Où ? Maison Victor Hugo – 6 place des Vosges, 75004
Métro : Saint-Paul (ligne 1), Chemin Vert (ligne 4)

Le Théâtre de la Renaissance, né sous l’impulsion de Victor Hugo

En 1837, Victor Hugo, le journaliste Anténor Joly et l’écrivain Alexandre Dumas, engagent la création d’un théâtre qui laissera toute sa place à la dramaturgie romantique, dont Victor Hugo est l’un des représentants les plus illustres :  le Théâtre de la Renaissance s’installe dans les locaux de la salle Ventadour, à deux pas de la rue des Petits-Champs où, enfant, le jeune Victor avait découvert Paris. Cette salle inaugure sa programmation avec la dernière création du dramaturge, Ruy Blas, en novembre 1838. Malgré le succès de ses représentations, la troupe ne parvient pas à couvrir ses frais et cesse son activité en mai 1841. Il faudra attendre 1872 pour que l’architecte Charles Delalande entame la construction d’une nouvelle salle. Installé sur les décombres d’un restaurant incendié pendant la Commune, le nouveau théâtre de la Renaissance sera inauguré le 8 mars 1873.

La salle Ventadour, premier lieu de représentation du Théâtre de la Renaissance crée par Victor Hugo

La salle Ventadour, premier lieu de représentation du Théâtre de la Renaissance crée par Victor Hugo

Où ? Ancienne salle Ventadour – Rue Dalayrac, 75002
Métro : Opéra (lignes 3,7 et 8), Pyramides (lignes 7 et 14)

Théâtre de la Renaissance – 20, boulevard Saint-Martin, 75010
Métro : Strasbourg Saint-Denis (ligne 4,8 et 9)

Victor Hugo, renfort de poids pour la conservation de la Tour du Vert-Bois

Située à l’angle des rues Saint-Martin et du Vertbois, la Tour du Vert-Bois est l’un des derniers vestiges d’un ancien prieuré bénédictin érigé au VIe siècle en l’honneur de Saint-Martin, évêque de Tours. Détruit pendant les invasions normandes et reconstruit en 1060, le Prieuré de Saint-Martin-des-Champs est fortifié en 1140 : la Tour du Vert-Bois est alors l’une des tours d’angle de cette enceinte. Six siècles plus tard, alors que la Révolution française supprime toutes les communautés monastiques de Paris, le prieuré est fermé et déclaré bien national. Ses bâtiments sont réaménagés et presque entièrement reconstruits afin d’accueillir le Conservatoire nationale des arts et métiers.

En 1877, le Journal Officiel annonce la démolition de la Tour du Vert-Bois, l’un des derniers bâtiments de l’ancien prieuré encore sur pied, en vue d’agrandir le Conservatoire. Plusieurs Sociétés historiques, dont la Société nationale des Antiquaires, s’insurgent et demandent à l’auteur de Ruy Blas de les soutenir. C’est un Victor Hugo très en verve qui répondra positivement à cette requête : « Démolir la tour ? Non. ­Démolir l’architecte ? Oui. […] Il ne comprend rien à l’histoire et, par conséquent, rien à l’architecture. Sur pied la tour ! À terre l’architecte ! » Si l’architecte n’a été ni démoli ni jeté à terre, la Tour est bel et bien restée sur pied grâce à l’intervention du poète !

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La fontaine et la plaque rappelant le combat des antiquaires parisiens pour sauver la Tour du Vert-Bois. Seul manque le nom de Victor Hugo…

Où ? Tour du Vert-Bois – 325 rue Saint-Martin, 75003
Métro : Strasbourg Saint-Denis (lignes 4, 8 et 9), Réaumur – Sébastopol (lignes 3 et 4),

Son dernier domicile de l’avenue d’Eylau

Fin novembre 1878, Victor Hugo s’installe au 130, avenue d’Eylau, dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement ayant appartenu à la princesse de Lusignan. C’est à cet endroit que le 27 février 1881, plus de 600 000 personnes défileront sous ses fenêtres pour célébrer son entrée dans sa 80e année !

Plus tard la même année, l’avenue d’Eylau sera renommée avenue Victor-Hugo. Si, plus de 130 ans après son décès, l’auteur des Misérables est l’une des personnalités les plus représentées sur les plaques des rues françaises (près de 2500 voies sont nommées en son honneur à travers l’hexagone), il était, à cette époque, bel et bien vivant et résidait encore dans cette rue. L’écrivain français a donc reçu, jusqu’à sa mort en 1885, des courriers adressés à “M. Victor Hugo, en son avenue, Paris”. Classe, non ?

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Une sculpture de Victor Hugo a été réalisée sur l’immeuble construit à la place de celui où a vécu l’auteur, au 124 avenue Victor Hugo

Où ? 124 avenue Victor Hugo, 75016
Métro : Victor Hugo (ligne 2)

Cyrielle Didier