Réinterprétation contemporaine du chef d’oeuvre d’Eugène Delacroix par le street-artist PBOY, cette fresque murale visible rue d’Aubervilliers, dans le XIXe arrondissement, fait écho au mouvement citoyen qui fait trembler la France.

Le jaune fluo des gilets claque la rétine. Pierres, barres de fer et masques à gaz remplacent chapeaux et fusils des insurgés peints par Delacroix. Au pied d’une Marianne à la poitrine couverte, une femme suppliante, en pleurs, également présente sur le tableau original. En arrière-plan, des flammes et l’Arc de triomphe, images de la violence et la fureur qui ont émaillé les manifestations parisiennes le mois dernier.

Le parallèle historique est percutant. La peinture originale de Delacroix, exposée au Louvre, était une transposition picturale de la révolution de juillet 1830. Les gilets jaunes, une révolution du 21e siècle ? Peu importe ce que l’on en pense, derrière cette oeuvre, peinte entre mercredi et dimanche dernier, se cache un joli coup de com’ pour un artiste malin !

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Car cette fresque, outre sa charge politique, est interactive. Pascal Boyart, a.k.a PBOY, propose aux passants de résoudre une énigme sous forme de puzzle, présente sur l’oeuvre. Bien connu des utilisateurs de cryptomonnaie, ce type d’énigme saura certainement attirer les curieux. Sur Instagram, l’artiste enjoint les passants à se rendre devant sa fresque pour participer à ce qu’il intitule la “première chasse au trésor street art”.

Il a aussi intégré à sa fresque un QR code incitant aux dons, pour soutenir financièrement son art indépendamment des galeries. Ce n’est pas un coup d’essai pour le graffeur de trente ans, qui déjà en 2018 avait représenté Delacroix brûlant un billet de 100 euros.

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