Situé en bordure du parvis de Notre-Dame dans le central 4e arrondissement de Paris, l’Hôtel-Dieu est l’un des hôpitaux les plus importants de la capitale. Il fait partie des hôpitaux de l’Assistance publique – hôpitaux de Paris (APHP), le CHU d’Ile-de-France. Mais saviez-vous qu’il a été renommé « Maison de l’Humanité » pendant la Révolution ? Alors nous vous proposons cinq autres choses à savoir sur l’Hôtel-Dieu de Paris !

Le plus ancien hôpital de la ville

L’Hôtel-Dieu est le plus vieil hôpital de Paris par sa date de fondation ; créé en 651 à l’initiative de l’évêque de Paris, Saint Landry, il est même l’un des premiers de France et d’Europe occidentale. Il est alors situé le long de la rive sud de l’Île de la Cité et s’étend jusqu’à la rive gauche, le pont au Double reliant les deux bâtiments.

L’ancien Hôtel-Dieu photographié par Charles Marville vers 1865-1968.

Mais attention, le bâtiment d’origine, lui, n’existe plus. L’hôpital a été détruit entièrement par manque de place face à l’évolution de la médecine, et reconstruit entre 1867 et 1878 sur l’Île de la Cité, côté nord du parvis de Notre-Dame : 13 rues disparaissent alors pour laisser place aux 22 000 mètres carrés du nouvel hôpital.

Proche de la Seine, mais pourquoi ?

Quel que soit son emplacement, l’Hôtel-Dieu a toujours été situé proche de la Seine, et il y a une raison à cela : tout d’abord, il s’agit d’une garantie d’avoir de l’eau abondante et propre – la Seine n’étant, jusqu’à la révolution industrielle, pas trop polluée. Par ailleurs, le courant d’air lié à la proximité avec la Seine permet l’assainissement de l’air, vital pour les malades. De la même façon, l’hôpital n’a pas de vis-à-vis, son seul voisin est la Seine, ce qui permet un ensoleillement pratiquement permanent. Enfin, le fleuve permet le transport par barques jusqu’à l’hôpital lorsque les routes ne sont pas sûres, ce qui est fréquent à l’époque.

Refuge des pauvres, hospice de toutes les misères

L’Hôtel-Dieu garde longtemps son indépendance et sa singularité : l’hôpital est majoritairement dédié à l’accueil et au soin des mendiants, pèlerins, affamés – les famines sont très fréquentes -, éclopés de guerre ou enfants abandonnés. L’établissement devient symbole de charité et d’hospitalité, valeurs au centre de la société, régie par la religion. D’ailleurs, en vieux français, « Hôtel-Dieu » signifie « l’hôtel de Dieu », une protection supplémentaire.

Seulement, il y a toujours plus de malades et le lieu ne peut plus se développer. Les conditions d’accueil deviennent au fur et à mesure précaires comme l’évoque le rapport de Jacques Tenon en 1788 : il y a 1 210 lits pour 3 418 hospitalisés ! Vingt ans plus tôt, Voltaire décrivait l’établissement en ces termes : « vous avez dans Paris un Hôtel-Dieu où règne une contagion éternelle, où des malades entassés les uns sur les autres se donnent réciproquement la peste et la mort ». On note également un taux de mortalité bien plus élevé qu’au sein des autres hôpitaux du pays ; 25% des malades y décèdent en 1817 ! L’inscription qui figurait un temps au-dessus de la porte : « C’est ici la maison de Dieu et la porte du Ciel » prend donc tout son sens…

Victime de quatre incendies !

Quatre incendies pour le seul XVIIIe siècle… L’épisode le plus marquant reste l’incendie du 30 décembre 1772 où une immense partie du vieil hôpital est détruite. Les dégâts matériels sont estimés à 600 000 livres ce qui représente une somme considérable. Un article du Monde daté du 5 avril 1957, relate les paroles d’un témoin oculaire : « Sur-le-champ tout fut embrasé. Les endormis ne se réveillèrent plus. Non seulement tous les malades d’un côté de la Seine (…) furent consumés, mais encore quantité de pompiers, militaires et de moins qui étaient accourus pour secourir. L’embrasement a duré quatre jours entiers. Plus de douze cents personnes ont été réduites en cendres dans ce feu dévorant. La gazette ne fera jamais mention de ceci : Paris est fort secret. »

Extrait de « Paris de siècle en siècle » dans Le cœur de Paris. Splendeurs et souvenirs A. Robida, 1896 p.385

Des voleurs de cadavres en dessous de l’Hôtel-Dieu

Les cagnards, ces quais du bord de seine situés sous l’hôpital et reliés à ce dernier, sont détruits en 1877 lors de la destruction de l’hôpital mais avaient une fonction de lavoirs, de débarcadère ou de déversoir des eaux usées. Mais pas que ! Cet endroit malodorant devient lugubre à la nuit tombée : ces souterrains servaient aussi aux étudiants qui dérobaient discrètement les cadavres anonymes pour les analyser durant leurs cours d’anatomie…

Cagnards de l’Hôtel-Dieu, dessin 18e siècle, Gallica

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