5 trésors à découvrir au Jardin des Plantes

Jardin des plantes et Grande Galerie de l'Evolution (© M.N.H.N. - Jérôme Munier)

Squelettes de baleine bleue ou de dinosaures effrayants, fossiles, plantes exotiques, animaux disparus ou bien vivants… Il y en a des choses à voir au Jardin des Plantes de Paris ! Inauguré en 1640, le “jardin royal des plantes médicinales” a été créé par Louis XIII, convaincu par son médecin de sa nécessité. Avec le temps et la Révolution, le jardin royal devient jardin national et se voit doté d’un Muséum National d’Histoire Naturelle et d’une ménagerie. D’une richesse hors du commun, le Jardin des Plantes et ses différentes structures renferment de surprenants trésors… Suivez le guide !

Attention, l’image du deuxième trésor peut choquer. 

Le saphir de Louis XIV 

Bleu ciel, électrique, indigo ou… bleu roi. Le plus gros saphir connu à ce jour est exposé dans les vitrines de la Galerie de minéralogie et de géologie du Jardin des Plantes. Pas étonnant qu’il soit l’une des pièces les plus importantes du musée ! Cette pierre de 136 carats est acquise par Louis XIV en 1669, à une période où les grands voyageurs reviennent des Indes, les poches pleines de pierres précieuses. Volée en 1792, elle est, par chance, retrouvée en décembre de la même année. Ce saphir d’une valeur inestimable rentre l’année suivante au Muséum et n’en ressort plus jamais. Selon les chercheurs, il viendrait du Sri Lanka et se serait cristallisé il y a 600 millions d’années. Sa rareté s’explique aussi par sa forme insolite : sa taille en rhomboïde est unique au monde. 

Le Saphir de Louis XIV. Crédits : MNHN – Bernard Faye

La terrifiante momie Chachapoyas 

À peine a-t-on posé un regard sur elle qu’il nous semble déjà entendre son cri de douleur et lire son effroi. Orbites creusés, mâchoire ouverte, mains de part et d’autre du visage, corps recroquevillé : la momie Chachapoyas est figée dans son repos éternel dans une expression saisissante. Ce trésor est découvert dans un mausolée des Andes péruviennes en 1877 par l’explorateur français Paul Vidal. Sa position témoigne d’un rite funéraire amérindien, réalisé par le peuple Chachapoyas (qui signifie “guerriers des nuages”). La momie est exposée dès l’année suivante à Paris, au Musée de l’Homme actuel. Les chercheurs ont pu établir qu’il s’agissait d’un homme entre 20 et 30 ans, entraîné dans la mort par une maladie pulmonaire infectieuse comme la tuberculose. Cette momie ne cesse de fasciner scientifiques, visiteurs et artistes depuis sa découverte. Il semblerait qu’elle ait même inspiré des peintres comme Paul Gauguin ou Edvard Munch pour son tableau Le Cri…  

La Momie péruvienne. Crédits : MNHN – Jean-Christophe Domenech

La météorite de L’Aigle, témoin de la formation du système solaire

Formée il y a 4,6 milliards d’années, cette météorite dite “chondrite” a donné naissance, au moment de sa découverte en 1803, à une nouvelle science : la cosmo-chimie. Cette pierre est tombée du ciel, ainsi que 3 000 autres, un beau jour d’avril, dans le petit village de L’Aigle dans l’Orne. À l’époque, les scientifiques ne croient pas en l’existence des météorites, convaincus que les pierres ne peuvent venir que de la Terre. Mais face à cet événement sans précédent, les voilà bien obligés d’étudier le phénomène ! Ils découvrent alors qu’il s’agit de pierres qui ont dévié dans leur trajectoire, issues de la ceinture d’astéroïde entre les planètes Jupiter et Mars. En déduisant leur grand âge, les chercheurs prennent conscience qu’elles sont d’incroyables témoins dans la formation du système solaire ! Cette pépite géologique, qui aurait certainement beaucoup de choses à raconter, est à observer dans la Galerie de minéralogie et de géologie. 

La météorite de L’Aigle. Crédits : MNHN – Jean-Christophe Domenech

La mystérieuse table Plaisanterie

Vous l’avez peut-être aperçue sans y prêter attention et pourtant, cette simple table en pierre cache de nombreux mystères. Aujourd’hui situé le long de l’allée Becquerel au Jardin des Plantes, ce bloc de granit a été découvert en 1885, dans la forêt de Gentilly. Un homme du nom de Thomas Carter, alors en promenade avec sa jument Plaisanterie, sent que quelque chose ne tourne pas rond avec sa monture. D’habitude très docile et vigoureuse, Plaisanterie s’arrête net et gratte le sol de son sabot avec insistance. Intrigué, le cavalier ordonne que l’on creuse à cet endroit précis. C’est ainsi que fut découverte l’immense table, à l’emplacement d’un vieux château médiéval disparu depuis des siècles. Sa légende se poursuit puisqu’on raconte que la table Plaisanterie disparaît de nouveau peu après son exhumation et ce jusqu’en 1950 ! Elle est redécouverte par hasard par le peintre Henri Camus qui la lègue au Muséum d’Histoire naturelle de Paris. 

Le cèdre tricentenaire 

Du haut de ses 300 ans, le Cèdre de Jussieu a encore fière allure. Cet arbre extraordinaire originaire du Liban, fut introduit en France en 1734 par le grand botaniste et conservateur du Jardin des Plantes Bernard de Jussieu. Mais à l’origine il y avait deux plants de cet arbre rare, offerts par le directeur des jardins botaniques de Kew à Londres. Le premier plant a élu domicile dans l’actuel labyrinthe du jardin des plantes, tandis que le second fut planté dans la résidence privée de l’intendant des finances du Roi Daniel-Charles Trudaine, en Seine-et-Marne. Ce dernier a malheureusement disparu lors d’un orage en 1935. À l’époque de leur introduction, ces deux cèdres étaient les deux premiers cèdres du Liban à être plantés en France ! Une légende peu reluisante raconte d’ailleurs que les plants n’auraient pas été offerts, mais volés…
Pour retrouver cet arbre, rendez-vous au pied du labyrinthe du Jardin des Plantes, à l’entrée du jardin côté rue Geoffroy Saint-Hilaire.

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L.B

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