Cinq événements marquants qui ont eu lieu il y a 100 ans à Paris !

Il y a 100 ans, la France sortait tout juste d’un premier conflit mondial. En pleines Années Folles, Paris connaît dix années d’effervescence et de libération totale qui résonnent comme une parenthèse enchantée en cette période de deuil national. Entre grandes affaires judiciaires, inventions, décès d’artistes et événements médiatiques, nous vous proposons de revenir sur cinq événements qui ont marqué l’année 1922 !

6 février 1922 : Inauguration de Radio Tour Eiffel 

Au début du XXe siècle, au sommet du plus célèbre des monuments parisiens, un certain Gustave Eiffel se questionne : comment sauver sa tour d’une démolition assurée ? Des ingénieurs français comme Eugène Ducretet ou le Général Ferrié, pionnier de la radiodiffusion, tentent alors de tirer profit du plus haut monument du monde de l’époque aux côtés de son inventeur. Ils y installent les studios de Radio Tour Eiffel, la première radio française ! “Allo allo ici poste militaire de la Tour Eiffel” pouvait-on entendre il y a tout juste un siècle. Si peu d’auditeurs ont pu écouter les premières interventions, l’événement est historique : c’est la naissance d’un média ! En lui trouvant une utilité, la Dame de Fer était sauvée de la destruction, programmée pour son vingtième anniversaire.
Les essais de premières émissions radio sont diffusées en novembre 1921 avec au programme, musique et bulletins météo. Le 22 décembre 1921, la première grande émission publique voit le jour. Le succès est progressif, mais bien au rendez-vous ! Ces débuts très prometteurs conduisent à l’ouverture officielle de Radio Tour Eiffel le 6 février 1922, et à une diversification des programmes diffusés. Après 20 ans d’existence, l’Occupation allemande sonne le glas de Radio Tour Eiffel, en juin 1940. 

7 février 1922 : Marie Curie est la première femme élue à l’Académie de Médecine

En cette journée d’hiver 1922, la physicienne Marie Curie marque de nouveau l’histoire. Double prix Nobel, reconnue pour ses découvertes et son travail sur la radioactivité, co-fondatrice de la fondation Curie, elle est cette fois la première femme membre de l’Académie de Médecine en tant qu’associée libre.
Dix ans auparavant, en 1911, sa candidature à l’Académie des Sciences avait été refusée à deux voix près. Alors, lorsqu’un siège se libère à l’Académie de Médecine, ses amis médecins lancent directement une pétition pour proposer Marie Curie comme candidate. 35 académiciens la signent et les autres candidats à cette place se désistent face à cette chimiste d’exception. Elle obtient finalement 64 voix sur 80 votants ce 7 février 1922, tout ça sans avoir candidaté elle-même ! Malheureusement, cela reste un petit pas pour la représentation des femmes dans ce milieu… Il faut attendre 24 ans pour que Lucie Randoin soit la seconde femme admise dans cette académie en 1946

paris zigzag Marie Curie in her laboratory

25 février 1922 : Henri Désiré Landru est conduit à l’échafaud 

Son mode opératoire est à glacer le sang. Henri Désiré Landru, l’un des criminels parisiens les plus célèbres, séduisait, dépouillait, tuait, découpait et brûlait les femmes qui avaient le malheur de tomber entre ses griffes. Le meurtrier usait d’annonces matrimoniales publiées dans la presse pour attirer ses proies, toutes étant seules et aisées. Après avoir mis la main sur leur compte en banque, l’homme a fait brûler ses 11 victimes dans ses fourneaux. Pour échapper à la justice, Landru n’hésitait pas utiliser de nombreux pseudonymes comme celui de Lucien Guillier (ou Guillet). Alors que son premier crime remonte à 1915, l’affaire éclate au grand jour en 1919 et la presse s’empare de l’affaire. Lors de la perquisition du logement qu’il occupe au 76 rue de Rochechouart, les enquêteurs découvrent une quantité faramineuse d’objets féminins : sacs à main, porte-monnaie, linges, photos… “Landru, qui est un homme ordonné, avait constitué un dossier pour chacune d’entre elles (ndlr : ses victimes) peut-on lire dans Le Figaro du 15 avril 1919. Surnommé “le Barbe Bleue de Gambais”, Henri Désiré Landru fait face à son procès en novembre 1921. Condamné, il est exécuté devant la prison de Versailles, le 25 février 1922

31 mars 1922 : Albert Einstein en conférence à Paris 

A la fin du mois de mars 1922, Albert Einstein débarque à Paris, suite à l’invitation du Collège de France et du physicien Paul Langevin pour une série de conférences. Et l’événement est de taille ! Quatre ans seulement après la fin de la guerre, le scientifique est le premier Allemand à fouler officiellement le sol de la capitale. À cette hostilité générale s’ajoute la méfiance et le scepticisme des savants sur ses découvertes, révolutionnaires pour l’époque. En effet, en 1919, le travail d’Einstein provoque une onde de choc et fait de lui une véritable célébrité : sa théorie sur la relativité générale est démontrée grâce à des mesures de l’astronome anglais Eddington. Quand sa venue est annoncée, le Tout-Paris se précipite alors pour découvrir cet homme dont tout le monde parle et la presse en fait ses choux gras, n’hésitant pas à critiquer ouvertement le scientifique. On évoque notamment dans les colonnes des canards de l’époque son “visage bouffi au teint terreux et huileux”… Après avoir fait trembler la capitale, Albert Einstein conclut finalement son séjour le 10 avril de la même année. 

Paul Langevin et Albert Einstein. Crédit : Gallica via Wikipédia Creative Commons

18 novembre 1922 : décès de Marcel Proust

Le 18 novembre 1922, un génie de la littérature s’éteint d’une simple bronchite mal soignée.
Marcel Proust est né dans le 16e arrondissement de Paris en 1871. L’aisance pécuniaire de sa famille lui permet de fréquenter rapidement les milieux aristocratiques, ce qui propulsera sa carrière artistique. A partir de 1907, il se consacre entièrement à l’écriture de son œuvre : À la recherche du temps perdu, composée de 7 volumes, sera publiée entre 1913 et 1927. Le premier tome, Du côté de chez Swann, sera refusé par plusieurs éditeurs et publié à compte d’auteur en 1913, tandis que À l’ombre des jeunes filles en fleurs, le deuxième tome, sera le Prix Goncourt 1919. Même si l’œuvre de Marcel Proust n’est pas autobiographique, ses romans seront fortement imprégnés de sa propre histoire et de ses souvenirs d’enfance. L’originalité du roman tient à son aspect d’”autobiographie fictive”, et sa construction, ponctuée de longues phrases et de digressions, est novatrice et particulière. Contrairement au roman classique, l’intrigue est quasiment absente de l’œuvre de Proust, au profit d’une réflexion profonde sur la littérature, le temps et la mémoire. 

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L.B

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