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A l’occasion de l’exposition Paris romantique (1815-1848), qui se tient conjointement au Petit palais et au Musée de la vie romantique, partons à la découverte de ce mouvement littéraire, artistique et sociétal. La capitale dans la première moitié du XIXe siècle représentait en effet un grand pôle d’attraction pour la jeunesse et les artistes romantiques ; une époque marquée du sceau de la fête, de l’idéalisme révolutionnaire, du foisonnement artistique mais aussi des drames et de l’instabilité politique… Voici, un tour d’horizon des lieux emblématiques du Paris romantique, dans lesquels reste vivace la mémoire de ses écrivains, peintres et figures politiques.

Le Palais des Tuileries, un haut-lieu de pouvoir  

Après la chute de Napoléon Ier, qui marque la fin du Ier empire en 1815, la monarchie des Bourbon est restaurée sur le trône de France, jusqu’en juillet 1830. Durant toute la période romantique, le palais des Tuileries est ainsi un lieu de pouvoir important, en plein cœur de Paris. Incendié et détruit par les communards en 1871, il ne subsiste à peu près rien de ce somptueux palais où se tramaient toutes les grandes décisions des règnes de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe. Ouvrant sur le jardin, les Tuileries étaient également un lieu de réjouissances et de promenade très recherché.

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Etienne Bouhot, Le jardin et le palais des Tuileries vus du Quai d’Orsay, 1813, huile sur toile, Salon de 1814, Paris, Musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Le Palais-Royal, épicentre de la vie festive parisienne

Au début du XIXe siècle, les galeries du Palais-Royal était parcourues par les Parisiens, qui aimaient profiter des cafés à la mode et du jardin. C’était l’un des lieux de sociabilité préféré des écrivains romantiques ! Lieu de divertissement (et même de prostitution), le Palais-Royal était également un lieu de commerce, où s’égrainaient nombre de boutiques de luxe très prisées à l’époque.

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Georg Emanuel Opiz, Tableau de Paris. Galerie du Palais-Royal. N°113, 1831, Aquarelle • 36,3 × 26,1 cm • Coll. musée Carnavalet-Histoire de Paris / © Roger-Viollet

Notre-Dame, symbole d’un passé médiéval redécouvert

En 1831, le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo est publié. Celui-ci rencontre un très vif succès et flatte une sensibilité romantique éprise d’un imaginaire médiéval. Dans le sillage d’Hugo mais aussi de Walter Scott en Ecosse, le Moyen âge suscite la passion des romantiques. Le livre Notre-Dame de Paris inspira ainsi de nombreux peintres et dessinateurs et participe surtout à la redécouverte du vieux Paris : en témoigne l’action de l’écrivain Prosper Mérimée, dans les années 1830-40 pour la restauration du patrimoine français.

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Pendule de Notre-Dame, 1835-1845, bois incrusté de filets de laiton, bronze ciselé et doré, Paris, musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet

1815-1848 est aussi la période où des hommes emplissent avec passion leur cabinet d’objets d’origine médiévale : c’est le moment de l’essor des musées, quelques années seulement après la création du célèbre musée du Louvre, en 1793.

Paris et les haut-lieux des révolutions

1815-1848 est scandée par deux grandes révolutions dites « romantiques » : les révolutions de juillet 1830, qui déboucha sur l’instauration d’une monarchie parlementaire avec les Orléans, et de février 1848 qui fit advenir la seconde République. Cette courte période de 33 ans, hachée sur le plan politique, fut particulièrement animée à Paris : le romantisme politique trouva des lieux de mémoire importants dans la capitale, en premier lieu l’Hôtel de Ville, siège de toutes les révolutions, mais aussi la colonne de Juillet, installée sur la place de la Bastille après la révolution de juillet 1830… Le « roi bâtisseur » Louis-Philippe marqua Paris de son empreinte en achevant certains monuments d’exception tels que l’église de la Madeleine, l’arc de Triomphe (dont la construction fut initiée par Napoléon Ier).

Les Parisiens romantiques, idéalistes et aspirant à plus de libertés politiques, subirent de nombreuses désillusions au lendemain de ces révolutions… Une déception durement ressentie par le petit peuple de Paris, dont les revendications égalitaires et sociales furent brimées après la révolution de juillet 1830.

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Auguste Jeanron, Scène de Paris, 1833, huile sur toile, Chartres, Musée des Beaux-Arts.

Le quartier latin, lieu des bals  

Avant de devenir lui aussi un quartier estudiantin en pleine ébullition révolutionnaire, le quartier latin était avant tout un espace de gaieté, dans lequel étaient organisés de nombreux bals… Ceux-ci prenaient place dans le jardin du Luxembourg ou dans les nombreux cabarets qui parsemaient le quartier de la Sorbonne. Citons notamment la Closerie des Lilas, qui était un café dansant parcouru par la jeunesse romantique et insouciante de Paris.

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John James Chalon, Bal public, 1818, huile sur toile, Paris, Musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet/Roger-Viollet

Les grands boulevards, le quartier des théâtres

Autres lieux de divertissement et repaires de la jeunesse, les grands boulevards, dans le nord de la capitale, étaient le cœur battant de Paris. Depuis la Madeleine jusqu’à la Bastille, les grands boulevards étaient traversés aussi bien par les Parisiens bourgeois que par la masse des classes laborieuses. Les dandys romantiques se montraient dans les cafés et restaurants, et concluaient souvent leur soirée dans les nombreux théâtres (théâtre italien notamment) implantés le long de ces « boulevards ». Au boulevard Saint-Martin, en particulier, les animations théâtrales et les mélodrames battaient leur plein.

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Domenico Ferri, Boulevard des Italiens de nuit, vers 1835, huile sur toile, Paris, Musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet.

A travers le Paris des romantiques, et à renfort de nombreuses gravures, tableaux, vêtements et objets remontant à cette période, l’exposition du Petit Palais restitue magnifiquement un univers et une sensibilité. Outre les 6 lieux emblématiques de Paris que nous avons passés en revue, l’exposition fera également le point sur des lieux moins connus tels que les quartiers de la « Nouvelle Athènes » et de la Chaussée d’Antin.

Une exposition à voir absolument !

Infos pratiques :
Paris Romantique, 1815-1848. 22 mai – 15 septembre 2019 au Petit Palais, Avenue Winston-Churchill, Paris 8ème.
Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne les vendredis jusqu’à 21h. Fermé les lundis.
Tarifs : Entrée payante pour les expositions temporaires : Plein tarif : 13 euros / Tarif réduit : 11 euros / Gratuit jusqu’à 17 ans.
Métro : Ligne 9 (Franklin D. Roosevelt)
RER : RER C (Invalides)

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Crédit photo de Une : Eugène Lami, Scène de carnaval, place de la Concorde, 1834, huile sur toile. Paris, Musée Carnavalet. Photo Musée Carnavalet / Roger-Viollet

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