Edith Piaf

Un de ces derniers vœux était de chanter jusqu’à sa mort. Un autre était de mourir à Paris. Aucun des deux ne s’est réalisé. Et pourtant…

Morte à Grasse, transférée clandestinement à Paris

Le 10 octobre 1963, il est 13h10 à Placassier, un quartier de la ville de Grasse. La môme Piaf n’est plus de ce monde, mais à part ses proches, tout le monde l’ignore encore. La chanteuse vient de mourir à 47 ans, mais en fait 20 de plus. Ses excès aussi démesurés que son talent ont eu raison d’elle. Son entourage, en revanche, est prêt à tout pour respecter une de ses dernières volontés : mourir à Paris, sa ville depuis toujours.

En dernier hommage, ses proches organisent alors une sortie de scène rocambolesque : ils s’apprêtent à transférer la dépouille de la défunte à Paris, chez elle, à son domicile du boulevard Lannes dans le XVIe arrondissement… dans l’illégalité la plus complète ! Ainsi, ils demandent à la mère supérieure de la clinique de Cannes-la Bocca de leur envoyer un ambulancier de confiance.

En début de soirée, aux alentours de 20 heures, Simone Margantin, l’infirmière de la Môme, Théo Sarapo son mari et l’ambulancier s’apprêtent à rallier les 800 km qui séparent Edith Piaf de sa dernière demeure. Un trajet qui s’effectue dans la crainte de croiser la police, car, bien que bienveillante, cette initiative est complètement illégale. La chanteuse est enveloppée dans du tulle qui permet de maintenir sa bouche fermée et une fausse perfusion lui est posée pour tromper toute personne que le convoi aurait pu croiser.

Ultime complice, le docteur Bernay de Laval établit, à l’arrivée de ce convoi exceptionnel, un faux certificat de décès. La nouvelle est ensuite transmise à l’AFP : “Edith Piaf est morte dans son lit, boulevard Lannes, où elle était arrivée hier après-midi“. C’est officiel, l’immense Edith Piaf est morte chez elle, dans sa ville. Le convoi mortuaire qui emmène la dépouille de la chanteuse de son domicile jusqu’au Père-Lachaise se voit saluer par plus d’un demi-million de personnes. La foule, encore et toujours.

La tombe d'Edith Piaf au Père Lachaise © Jim Linwood / Flickr
La tombe d’Edith Piaf au Père-Lachaise © Jim Linwood / Flickr

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