Chef de file du réalisme, Gustave Courbet oscillera toute sa carrière entre succès et scandales. De nature ambitieuse, il souhaite dès le début de sa carrière réformer la peinture. Largement pris pour exemple par les peintres de sa postérité, il joue alors un rôle de premier plan dans le milieu artistique grâce à une peinture personnelle et sincère.

Un peintre ambitieux…

C’est au sien d’une famille aisée à Ornans, une petite ville de Franche-Comté, que Gustave Courbet voit le jour en 1819. Très attaché à ses origines, il multipliera les clins d’oeil à son enfance en réalisant des portraits des siens dans ses grandes compositions ou se servant de sa région natale pour des décors picturaux. Au début de sa carrière, le peintre se cherche artistiquement, et se met en scène, comme pour illustrer cette indécision, dans des œuvres comme le Désespéré. Mais rapidement, à l’image d’un Géricault ou Delacroix, il souhaite exploiter le grand format pour peindre l’histoire contemporaine. Tel un passage obligé, il commence à exposer au Salon officiel et devient petit à petit la coqueluche des expositions. Lorsqu’il expose jusqu’à une dizaine de toiles au Salon de 1848, c’est le début du succès.

Qui se frotte aux scandales…

Mais Courbet se heurte rapidement à l’incompréhension générale lorsqu’il propose “L’enterrement à Ornans”, une peinture (sur très grand format!) représentant sans aucune mise en scène des inconnus lors de funérailles dans une campagne reculée : premier scandale ! En effet, il faut savoir qu’à l’époque les formats de ce genre étaient réservés aux sujets historiques ou bibliques. Initialement prévu pour s’appeler « Tableau historique d’un enterrement à Ornans », cette peinture symbolise définitivement le refus du peintre à se plier aux conventions qui régissent la peinture. Quand, de la même manière, son « Atelier du peintre » est refusé au Salon de 1855 pour cause de trop grand format, il décide de monter sa propre exposition dans un bâtiment édifié pour l’occasion, « le pavillon du réalisme ». A côté de ces quelques accrochages moraux, la période est fort prospère pour le peintre qui vend beaucoup, soutenu par des mécènes et exposé dans l’Europe entière. Il trouve l’inspiration dans la nature avec des thèmes comme les scènes de chasse, paysages et natures mortes florales. Sans hésiter, il titille une fois de plus la morale religieuse et pousse le réalisme à son maximum en peignant l'”Origine du Monde“, ce fameux tableau représentant un sexe féminin. Aujourd’hui conservé au musée d’Orsay, l’oeuvre demeura longtemps inconnue car relevant d’une commande privée.

Hélas, les choses se compliquent pour le peintre lorsqu’il décide de s’engager dans la Commune en 1871. Arrêté et condamné, il perd une grande partie de sa fortune dans le remboursement de la colonne Vendôme, érigée par Napoléon Ier et détruite par les communards. Il s’exile donc en Suisse et se perd dans l’alcool, avant de succomber en 1877 dans une profonde dépression. Enfin, si l’on oublie cette fin malheureuse, Gustave Courbet reste pour nous tous, un grand réformateur de la peinture !

Courbet, le désespéré, 1843
Courbet, l’atelier du peintre, 1855
Courbet, nu endormi, 1858
Courbet, l’hallali du cerf, 1867

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