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C’est une histoire connue de tous ceux qui apprécient cette figure majeure de la génération perdue. Pendant la Seconde guerre mondiale, Ernest Hemingway, à la tête d’une troupe de militaires américains, aurait libéré le Ritz, devenu quartier général des Nazis. Mais est-ce bien ce qu’il s’est passé ? Pas si sûr… On vous raconte la vraie histoire !

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L’auteur de Paris est une fête, qui a été ambulancier pendant la Grande Guerre, puis correspondant pendant la guerre d’Espagne, reprend son travail de journaliste de guerre lorsque les troupes américaines décident de débarquer sur les côtes de Normandie en juin 1944. Attaché au 22e régiment d’infanterie de la 4e division américaine en tant que civil, il est l’un des témoins privilégiés du débarquement du 6 juin, puis des avancées des Alliés vers l’intérieur des terres françaises.

À la mi-août, le futur prix Nobel de littérature est à Rambouillet au côté des troupes américaines et françaises. Jouant de son influence, il parvient à y rencontrer le général Leclerc, commandant de la 2e division blindée française qui marchera sur Paris quelques jours plus tard. Il lui demande, tout simplement, de le laisser aller immédiatement à Paris avec une troupe afin qu’il puisse être le premier américain à fouler les rues de la capitale. Le général repousse froidement l’idée et éconduit l’écrivain… qu’il prend pour un illuminé. Un résistant rencontré sur place se souviendra d’ailleurs que l’auteur “ne parlait que de cela : être le premier Américain à Paris et libérer le Ritz”.

C’est le 25 août, au dernier jour de la bataille de Paris lorsque la plupart des militaires allemands encore vivants ont quitté la capitale ou été fait prisonniers, que l’auteur de Pour qui sonne le glas arrive place Vendôme. Accompagné d’un petit groupe de résistants Rambolitains, il fait irruption dans le palace, mitraillette au poing et bien décidé à en finir avec les Allemands qui se sont emparés de son hôtel préféré. “Je viens libérer le Ritz !” s’écrit-il en déboulant dans l’édifice. Mais le drapeau français flotte déjà sur le toit du palace et les Allemands sont loin. “Bien sûr, monsieur Hemingway, mais veuillez laisser votre arme devant la porte”, lui répond alors Claude Azello, le directeur du palace.

Après avoir déposé son arme dans sa Jeep, Hemingway retourne alors au comptoir de son bar préféré afin d’enchaîner 51 verres de Dry Martini, son breuvage fétiche. Si l’auteur du Vieil Homme et la mer n’a pas réellement libéré le Ritz, son insolite aventure lui aura tout de même valu une belle ardoise et une amusante histoire à raconter !

Découvrez le Paris d’Hemingway ici.

Crédit photo de une : Christos Loufopoulos

Cyrielle Didier

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