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Tant par la violence de ses méfaits que par l’engouement médiatique autour de ces derniers, Violette Nozière a fasciné le tout-Paris début XXe siècle. Retour sur l’affaire de “l’empoisonneuse parricide”, aussi connue sous le nom de “monstre en jupon”…

Pour planter le décor, Violette vit une relation houleuse avec ses parents dans leur domicile familial du 9 de la rue de Madagascar. Dissipée, la jeune femme fait les 400 coups pendant son adolescence et s’attire fréquemment les foudres de ses parents. Étouffée par ces derniers, elle mène au fur et à mesure une vie d’excès. Oisive et dévergondée, elle commet des petits délits dont le vol d’un livre à la librairie qui lui vaudra une ardente dispute avec son père. S’en suivra d’ailleurs une menace de suicide de la jeune femme, qui sera finalement retrouvée saine et sauve. Elle a alors 17 ans.

Violette apprend quelques temps après qu’elle a contracté la syphilis, le cache, pour au final accuser ses parents d’en souffrir par hérédité. Une violente querelle éclate au sein du foyer, la dispute de trop pour Violette qui décide de passer à l’action. Après une première tentative d’empoisonnement infructueuse, Violette récidive en août 1933 en administrant en cachette une très forte dose de somnifères à ses parents. Le père, Baptiste, ayant bu l’intégralité de son verre, tombe raide et décède. La mère, elle, ne boira que la moitié du verre, ce qui la sauvera, au prix d’une mauvaise chute et du coma qui s’ensuivra.

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La jeune meurtrière, alors âgée de 18 ans, entamera une courte cavale après avoir tenté de maquiller le crime. Elle sera arrêtée le 28 août 1933 dans le 7e arrondissement. Très vite, la presse s’empare de l’affaire et le sujet devient national. D’abord dépeinte comme un monstre, Violette sèmera le trouble dans cette affaire avec sa version des faits. Elle amènera en effet comme mobile une relation incestueuse et violente instaurée par son père. Politiques et personnes influentes s’empareront alors de l’affaire qui déchirera l’opinion publique en deux camps : ceux qui voient en Violette Nozière un monstre parricide manipulateur et ceux qui l’érigent en tant que victime du patriarcat.

Mais le 12 octobre 1934, le jury rendra son verdict : Violette Nozière, “le monstre en jupon”, est condamnée à mort. La jeune fille échappera néanmoins à la sentence fatale grâce au président Albert Lebrun, elle sera alors condamnée aux travaux forcés. Quelques années plus tard, alors que la France vit des heures sombres, Violette, notamment grâce à sa bonne conduite, sera graciée par le maréchal Pétain et verra sa peine réduite à 12 ans. En 1945, quelques mois après sa libération,  l’empoisonneuse connaîtra cette fois la clémence du Général de Gaulle, qui lèvera son interdiction de séjour. C’est la troisième grâce présidentielle de la jeune femme, du jamais vu !

Réhabilitée en 1963, elle mourra finalement trois ans plus tard, après avoir fondé une nouvelle famille.

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