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Considérée par certains comme un acte fondateur, par d’autres comme une période sombre, la Commune de Paris de 1871 est venue, il y a 150 ans de cela, marquer un tournant dans l’Histoire parisienne mais aussi dans celle de France. Succédant à la douloureuse guerre franco-prussienne, cet épisode révolutionnaire, durant lequel le peuple parisien prit le pouvoir, a été le fruit de tensions croissantes entre une partie du peuple, et les partisans de la Troisième République, avec Adolphe Thiers en tête de proue. De la capitulation de Napoléon III à Sedan au soulèvement des communards du 18 mars, revenons sur cette période particulière, témoignant d’un climat insurrectionnel grandissant au fil des mois.

Du traumatisme du Siège de Paris

Véritable racine du malaise parisien à venir, la cinglante défaite de Napoléon III à Sedan le 2 septembre 1870 marque le début d’une longue période de doute et de perte de confiance des Parisiens envers ceux qui les dirigent. S’ensuit alors une stratégie de défense de la ville qui mène déjà à des conflits internes opposant d’un côté le général Trochu, prudent et modéré, aux bataillons populaires de la Garde Nationale, prônant une “guerre à outrance” et l’attaque en dehors de l’enceinte parisienne. Le Siège de Paris se mettant progressivement en place, les décisions jugées laxistes du gouvernement font sérieusement gronder l’opinion publique au même titre que la famine qui commence à s’installer. À mesure que les mauvaises nouvelles tombent, les bataillons populaires tentent de s’insurger et de prendre l’Hôtel de Ville par deux fois (le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871). Les opérations ne connaîtront pas le succès mais on entend d’ores et déjà parler de l’idée d’instaurer un gouvernement révolutionnaire, résolu à vaincre l’ennemi, ce sont les premières évocation d’une Commune.

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Le siège de Paris par Jean-Louis-Ernest Meissonier

À l’humiliation de l’armistice

Les classes populaires, et notamment les ouvriers, sont très nombreuses à Paris. Ce sont aussi ces dernières qui souffrent le plus de l’envolée des prix due à la guerre. Après avoir résisté pendant plusieurs mois aux rudes conditions entraînées par le siège de la ville, l’annonce de l’armistice et de toutes ses conditions le 18 janvier 1871 vient atterrer des Parisiens déjà meurtri et humiliés. La tension entre le gouvernement de Thiers et les habitants de la capitale est alors à son comble, chaque décision de l’Assemblée, dominée par les royalistes, suscite l’indignation. L’Assemblée va même jusqu’à être transférée à Versailles, Paris étant alors jugée comme “chef-lieu de la révolution organisée”.

Jusqu’au point de rupture

Le point d’orgue de cette méfiance arrivera au lendemain d’une décision hâtive du gouvernement Thiers : dans la nuit du 17 au 18 mars, il est ordonné au Général Lecomte de rapatrier une série de canons achetés par les Parisiens par souscription, disposés entre autres sur la Butte Montmartre. L’opération, sous-estimée, s’avère laborieuse et l’aube arrive très vite. Les montmartrois, alertés par les bruit des sabots et le raffut, se réveillent. Une certaine Louise Michel compte parmi les premières à envoyer des invectives aux soldats. Très vite, le mot circule et les Parisiens, se sentant menacés par la soustraction des canons par Thiers, commencent à se rassembler et à s’insurger. Les troupes affectées à la mission de récupération des canons finissent par fraterniser avec les révoltés, n’obéissant plus aux ordres de Lecomte de tirer sur la foule. À partir de cet acte fondateur, les rangs de la Commune grossiront jusqu’à devenir les belligérants de la véritable guerre civile que l’on connaît.

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