Lupanar, bordel, maison close… autant de noms utilisés pour évoquer les lieux de plaisir qui peuplent Paris depuis la nuit des temps. Ce sujet continue de fasciner et d’interroger… Découvrez donc la petite histoire des adresses libertines de la capitale !

Une origine vieille comme le Monde

Dans la Rome Antique, les prostituées étaient surnommées les « lupas » (les louves) en référence à leur activité nocturne et sexuelle. Elles exerçaient dans les lupanaria, que le français gardera sous forme de lupanars. Parfois tolérés, souvent réprimés, ces établissements sexuels seront présents dans Paris dès l’Antiquité et connaîtront une histoire pour le moins mouvementée. Certains rois comme Louis IX ont même changé d’avis au cours de leur règne : après avoir d’abord banni la prostitution, le célèbre Saint-Louis optera finalement pour la tolérance en régulant l’activité des établissements spécialisés.

Étienne Jeaurat, Le transport des filles de joie de l'Hôpital, 1755, musée Carnavalet.
Étienne Jeaurat, Le transport des filles de joie de l’Hôpital, 1755, musée Carnavalet.

À l’époque, ils doivent être signalés par une lanterne rouge et les volets doivent être clos… d’où le nom de maison « close » ! Ces maisons doivent également être situées loin des lieux saints (églises et cimetières), souvent en dehors des murs de la ville. Ces installations, situées en bordure de Paris, nous laisseront le nom de bordel.

La IIIe République : l’âge d’or des maisons closes

Envoyées en prison par Louis XIV et Louis XVI, les prostituées se voient imposer une visite médicale mensuelle par Napoléon 1er, qui légalisera la prostitution au début du XIXe siècle. Les filles non déclarées, surnommées les « insoumises », seront cependant punies. Mais, c’est sous la IIIe République (entre 1870 et 1940) que les maisons closes connaissent vraiment leur âge d’or avec presque 200 adresses officielles à Paris !

Le Chabanais, l'une des maisons closes les plus réputées de Paris
Le Chabanais, l’une des maisons closes les plus réputées de Paris

Souvent installés près d’un hôtel et, contrairement aux siècles précédents, toujours dans le centre de Paris, certains établissements de cette période marqueront l’histoire de la capitale. C’est le cas du One Two Two (122 rue de Provence) fréquenté par la haute société de l’époque, du Sphynx (31 boulevard Edgard Quinet) avec ses décors néo-égyptiens ultra luxueux ou encore du Chabanais (12 rue Chabanais), le plus connu d’entre tous, qui abrita entre ses murs les ébats de célébrités telles que Maupassant ou le roi Édouard VII.

La Maison close "Brasserie du Moulin" dans les années 1920
La Maison close “Brasserie du Moulin”, au 16 rue Blondel dans le 2e arrondissement, dans les années 1920

Toute bonne chose ayant une fin, la fête s’achève en 1946 : cette année-là, l’ancienne prostituée Marthe Richard fait voter une loi (encore en vigueur de nos jours) qui impose la fermeture défintive des maisons closes. Cette loi lui vaudra d’ailleurs le sobriquet de « la Veuve qui clôt », en référence au célèbre champagne Veuve Clicquot !

Si vous souhaitez revivre la grande époque des courtisanes et du Paris libertin, découvrez notre visite guidée du Paris coquin !

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