Musée du Louvre

Que serait le musée du Louvre sans ses œuvres et ses toiles de maîtres ? Une chose impensable aujourd’hui, mais qui s’est bel et bien réalisée en 1940. À cette époque, la ville de Paris vit sous l’occupation des forces allemandes et du IIIe Reich, qui a de sombres projets pour les plus grandes œuvres parisiennes.

Protéger les œuvres coûte que coûte

1940. Paris et ses habitants vivent sous le joug de l’occupant allemand. Les troupes défilent librement dans les rues de la capitale et Hitler visite régulièrement les monuments. Le dirigeant nazi rêve surtout de bâtir un gigantesque musée en l’honneur du IIIe Reich. Pour cela, l’Allemagne nazie dispose d’un service dédié au pillage du patrimoine des pays vaincus. L’ERR, l’unité spéciale du pillage se charge de récupérer pour l’Allemagne des œuvres d’art, considérées comme des trésors de guerre. C’est ainsi que les musées sont vidés et que les collectionneurs sont dépouillés.

Le musée du Louvre vide

S’il y a bien un musée qui attire tous les regards, c’est évidemment celui du Louvre. Pour éviter de voir ses œuvres disparaître, le directeur du musée, Jacques Jaujard, met en œuvre un plan d’évasion pour les collections du Palais Royal. La plupart des œuvres doivent quitter Paris, loin des troupes allemandes, et rejoindre des lieux sûrs. Une mission risquée mais que Jaujard connaît bien pour avoir déjà exécuté un tel plan lors de l’évacuation du musée du Prado pendant la guerre civile espagnole.

Une mission qui aurait pu tout changer

La mission n’en demeure pas moins dangereuse puisqu’il lui faut tout de même déménager en secret près de 4000 pièces. Certaines sont assez imposantes et d’autres pèsent des tonnes. Surtout, le plus dur est de ne pas abîmer ces objets fragiles. L’évasion prend en réalité plusieurs années et les œuvres sont dispersées aux quatre coins la France. La plupart prennent alors la direction du château de Chambord, situé dans la vallée de la Loire.

Parmi les œuvres qu’il faut à tout prix protéger, il y a bien sûr la Joconde. Le chef d’œuvre de Léonard de Vinci va d’ailleurs connaître une longue série de voyages et de déplacements. Après un passage par Chambord, Louvigny et l’abbaye de Loc-Dieu de Montauban, elle arrive au printemps 1943 dans le Haut-Quercy (Lot). Elle reste dans le château de Montal pendant près de deux ans. Pour éviter tout problème, on en vient même à dissimuler la toile de maître sous l’un des lits du château.

Château de Montal
Pendant plusieurs mois, la Joconde a reposé entre les murs du château de Montal

Il faudra attendre la capitulation de l’armée allemande pour que ces trésors culturels retournent dans leur galerie. Quant à Jacques Jaujard, il ne deviendra que plus tard un héros puisque son rôle décisif a longtemps été gardé secret.

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