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Une intervention toutes les 60 secondes, 13 524 incendies combattus et 30 801 vies sauvées en l’espace d’un an, les pompiers de Paris sont des héros indispensables de notre quotidien depuis plus de 200 ans. Mais il faut savoir que ça n’a pas toujours été le cas : pendant longtemps, la lutte contre l’incendie était à charge des habitants eux-mêmes. Il faudra attendre une sombre nuit de 1810 et un drame d’envergure pour que la création de la Brigade des pompiers soit orchestrée par Napoléon Bonaparte.

La promesse d’une soirée idyllique

L’année 1810 est marquée par une série de célébrations suite à l’union de l’empereur et de Marie-Louise d’Autriche. Point d’orgue des festivités, un bal est offert par le Prince de Schwarzenberg au couple le 1er juillet, dès leur retour de voyage de noces. C’est l’ambassade d’Autriche, dans l’actuelle rue de la Chaussée-d’Antin, qui est choisie pour accueillir tout le gratin diplomatique, politique et militaire de Paris. Sur les 1 500 invitations envoyées, 2 000 convives ont répondu présent. La fête s’annonce magique, grâce notamment à tous les préparatifs : une salle provisoire est construite dans les jardins de l’ambassade, de somptueuses décorations sont installées, au même titre qu’un éblouissant jeu de lumières. Les peintures fraîches des murs sont même enduites d’alcool pour leur permettre de sécher à temps. Le cadre est merveilleux, mais il est aussi hautement inflammable…

Jusqu’au drame

Les convives arrivent en masse sur les lieux une fois la nuit tombée. Danseurs de l’Opéra et feux d’artifices sont les attractions de ce début de soirée. Déjà, une première alerte vient secouer les festivités : un feu d’artifice embrase une étoffe à l’extérieur de la salle et un feu est déclaré. Rapidement, l’architecte Bénard alerte quelques gardes-pompes et parviennent ensemble à faire discrètement mourir les flammes. Le drame est évité de justesse. La fête bat son plein, l’empereur et sa femme font la conversation aux invités de prestige, des pas de danse commencent à être engagés. Pendant l’euphorie générale, la bougie d’un lustre tombe et vient enflammer une draperie. Cette fois-ci, la catastrophe est inévitable, le plafond de la salle peinte à l’alcool s’embrase en quelques secondes dans un fracas terrifiant et les rires laissent place à la panique. La salle entière part en lambeaux, les convives prennent feu et tentent de fuir par tous les moyens. L’empereur et sa femme sont rapidement extraits de ce péril mais le chaos redouble d’intensité : au milieu des cris et des piétinements, certaines convives se battent avec les flammes pour retrouver leurs êtres chers. Les gardes-pompes, alors chargés de de maîtriser la situation, sont complètement désorganisés et submergés. Finalement, la situation se stabilisera vers 4h du matin.

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Des conséquences lourdes

Si la censure impériale ne permit jamais de connaître réellement l’étendue des dégâts, les récits du valet de Napoléon Ier et du général Lejeune ont permis d’y voir plus clair. La presse relate à l’époque la seule mort de la princesse de Schwarzenberg et les blessures de quelques autres invités. La réalité est tout autre, certains historiens s’accordent à dire que près de 90 convois funèbres sortirent finalement de l’ambassade. Furieux face à ce constat et à l’inefficacité totale des gardes-pompes, Napoléon ordonne la réforme de ce corps de métier ; la Brigade des sapeurs-pompiers est née dès l’année suivante et ne changera pas de statut jusqu’à aujourd’hui.

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