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Elles ont affolé le tout-Paris de la Belle-Époque, gravi tous les échelons et étourdi les hommes puissants : les grandes horizontales, belles de nuit ou encore demi-mondaines sont devenues de véritables symboles de la fin du XIXe siècle au début du XXe. Retour sur le parcours hors du commun de celles qui ont fait tourner plus d’une tête partout où elles passaient.

La Belle Otero, “sirène des suicides”

S’il y a bien un trait souvent partagé par “les courtisanes”, l’idée de prendre sa revanche sur la vie revient souvent. Brutalement violée à l’adolescence, Caroline Otero racontera dans ses mémoires qu’elle décida dès lors de se venger de la gent masculine. Initiée au flamenco à l’âge de 15 ans, elle fera ses premiers pas sur les scènes de petits cabarets barcelonais et suscitera déjà une vive attention. Sa carrière prendra un tournant majeur dès son arrivée à Paris en 1889, où ses rencontres et conquêtes l’amèneront successivement sur les scènes du Grand Véfour, du Cirque d’Été ou encore des Folies Bergères, là où elle connaîtra la genèse d’un grand succès. Forte d’une notoriété grandissante, la Belle Otero fera chavirer les coeurs des grands aristocrates (Edouard VII, Leopold II ou encore Nicolas de Russie), des artistes émérites de l’époque (comme Aristide Briand ou Gabriele d’Annunzio) mais aussi d’illustres inconnus. Son charme ravageur déchaîna littéralement les passions si bien qu’elle serait à l’origine de nombreux duels et de plusieurs suicides, d’où son macabre surnom. Elle se retirera des salles de spectacle à l’orée de la Première Guerre mondiale, malgré un succès encore palpable, et s’installera à Nice où elle mourût au bel âge de 96 ans.

Emilienne d’Alençon, la courtisane

Autre figure forte des Trois Grâces, Emilienne d’Alençon, parisienne de naissance, fait elle aussi ses grands débuts à un très jeune âge. Lancée par le critique Charles Desteuque, elle investira comme la Belle Otero la scène du Cirque d’Été ayant tout juste atteint la maturité. S’ensuivra ensuite une carrière de comédienne durant laquelle elle se produira au Casino de Paris, à la Scala, aux Menus Plaisirs mais également aux Folies Bergères ! Animée par une passion frivole et un désir insatiable, Emilienne d’Alençon vit de ses tribulations amoureuses avec les grands noms de l’époque (duc d’Uzès, Etienne Balson et Leopold II de Belgique, encore lui !). Si la vie était un pommier, Emilienne se serait sûrement vantée d’en avoir croqué tous les fruits, on lui prête aussi des liaisons avec les femmes fortes de la Belle-Époque telles que la Goulue, Renée Vivien ou encore Liane de Pougy, autre “grande horizontale”. Épicurienne de nature, la belle de nuit a donc vécu une vie de plaisirs et d’excès, qui signeront malheureusement son déclin à l’aube de la Grande Guerre.

Liane de Pougy, la demi-mondaine aux mille visages

Née Anne-Marie Chassaigne, la future courtisane était pourtant destinée à un futur bien plus lisse. Élevée au couvent, elle se maria à l’âge de 17 ans à un officier de la Marine. Son destin bascula quand elle prit un amant pendant l’absence de son époux, ce qui lui vaudra une vengeance terrible de ce dernier : un coup de feu dans le dos. Désemparée, elle prendra la fuite à destination de Paris, et sa vie basculera à nouveau. D’abord artiste de cabaret, elle se fera repérer par Henri Meilhac, auteur à succès, pas insensible à ses charmes. Ce dernier la lancera sur les planches des Folies Bergères en tant que comédienne, ce qui la propulsera peu après sur la scène de l’Olympia. Fidèle à son statut de courtisane, elle fera des ravages auprès de la gent masculine et nourrira une rivalité palpable avec Caroline Otero. On compte d’ailleurs parmi ses admirateurs Jean Cocteau, Maurice de Rothschild, Charles Mac-Mahon ou encore Georges Montorgueil. Grande horizontale aux mille talents, elle connaîtra également le succès par l’écriture puisqu’elle publia plusieurs romans acclamés. Liane de Pougy s’éteindra à 82 ans à Lausanne, dans une chambre de l’hôtel Carlton.

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