Le quartier d’Aligre et son marché, trésor du 12ème arrondissement

Panorama de la Place d'Aligre, 1951

On parle beaucoup de l’iconique quartier de Montmartre, ou de l’indétrônable et universitaire quartier latin… Au détriment d’autres quartiers parisiens, tout autant historiques, dont l’atmosphère et les commerces ne manquent pas de charme. Sans plus attendre, faisons un tour à Aligre, le quartier immanquable du 12ème arrondissement.

Aligre : qui, que, quoi, où ?

Premiers mots de la bouche des passants au sujet de ce quartier ? Populaire, joyeux, vivant, coloré, bon enfant. Pour parler géographie, on délimite le quartier d’Aligre et son immense marché par plusieurs endroits attrayants : il est situé à proximité de la rue Crémieux – rue agréable et photogénique due à ses immeubles aux couleurs vives type Notting Hill -, non loin de la Gare de Lyon et du Viaduc des Arts. On le reconnaît aussi par la rue du même nom, – la rue d’Aligre -, étant étalée sur près de 345 mètres. D’anciennes stations de métro  peuplent ce quartier, à l’image de la station Quai de la Râpée. Plus récemment, plusieurs projets de rénovation ont vu le jour, orchestrés par la Ville de Paris

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La fameuse rue Crémieux, Parie 12e

Le Viaduc des Arts dans le quartier d'Aligre, Paris 12e

Un drôle de marché !

Paris s’éveille, et on peut entendre au loin les cris éternels des poissonniers. A l’image des ses environs, le marché d’Aligre ne date donc pas d’hier. On estime sa création vers 1779. Il se compose de 2 parties : une extérieure, appelée “marché d’Aligre”, et une couverte, le Beauvau, construite plus tard. A l’heure actuelle, c’est l’un voire le marché le plus important de Paris. Ses allées s’étendent dans tout le quartier, chacune avec des commerces de part et d’autre. La foule se rejoint sur les pavés de la place centrale d’Aligre

Pourquoi ce marché et pas un autre ?

D’abord car on y trouve une variété immense de commerces, avec toutes sortes de produits frais, bio et bon marché. C’est un lieu idéal pour faire ses courses à budget raisonnable. Les produits sont importés de France (comme le saucisson, la spécialité du pays Basque) et de l’étranger, pour certains fruits. Le prix est fixe et peu élevé, comme c’est le cas pour la grappe de bananes à 1€. Ensuite, beaucoup de commerces détiennent une renommée historique comme la boucherie Hayée, dont le propriétaire évoque au moins 100 ans d’existence… et qui s’essaie maintenant à la livraison ! Enfin, on apprécie les commerçants-primeurs, d’une sympathie naturelle, qui connaissent bien leurs produits et sont toujours prêts à nous conseiller. En fin de semaine, les prix des produits sont baissés, le surplus est donc donné pour éviter au maximum le gâchis alimentaire. 

Le plus : même si le marché d’Aligre reste majoritairement alimentaire, il regorge de stands divers. On peut très bien s’attarder à un stand d’objets vintage (vaisselle, tableaux, lampes et autres bibelots), à un espace de seconde main avec des vêtements, tout comme à des stands de jolies fleurs, en kiosque ou à même la rue, en cas de cadeau pour un rendez-vous de dernière minute …  Il est bien sûr possible d’arpenter le marché en simple balade : très animé le dimanche, des sons de guitare viendront s’introduire joyeusement sur les pavés et le soleil. 

C’est un repère qui attire de plus en plus : en effet, les nouveaux habitués du marché proviennent du quartier, d’autres arrondissements et même des villes de la petite couronne parisienne, pour bénéficier des prix alléchants, et de ce cette bonne humeur permanente et communicative. Presque un marché de province, c’est un “village” à part entière !

Place à la vie artisanale ! 

Le marché renforce ainsi l’attractivité du quartier de manière générale. A deux pas du marché, les échoppes grouillent. Elles révèlent de nombreuses et belles formes de savoir-faires manuels.  On peut nommer d’office la Fabrique nomade, située sous le Viaduc des Arts, une association d’artisans d’art pour favoriser l’insertion professionnelle des immigrés et réfugiés en France. Ces derniers vendent leurs créations (bijoux, objets déco originaux) et même au prêt-à-porter, avec des pratiques artisanales novatrices

Un peu plus loin dans le quartier et pour les plus gourmands, le glacier la Tropicale propose des sorbets aux recettes trouvables nulle part ailleurs. Les fruits varient selon la saison. Il nous est ainsi permis de découvrir des saveurs hors des sentiers battus, et les prix débutent à 1.80€ la boule de glace. 

Impossible de rater cette vie et ce charme qu’offre le quartier d’Aligre !

Noémie Wuchsa

Infos pratiques :

Le marché d’Aligre :
rue et place d’Aligre, 75012
Ouvert du mardi au vendredi, de 7h à 13h30 / le week-end, jusqu’à 14h30

– La Fabrique nomade :
Viaduc des Arts – 1 bis, avenue Daumesnil, 75012
Ouverte du lundi au vendredi, de 10h à 17h30

– La Tropicale :
7, rue de Prague, 75012
Ouverte du mardi au vendredi, de 12h à 19h / le week-end, de 10h30 à 19h

Crédit photo de couverture : Panorama du quartier d’Aligre en 1951, via @ParisHistorique

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