Soldes au BHV

L’histoire des soldes commence d’abord avec celle d’un Normand, Simon Mannoury, qui décide de “monter à Paris” pour ouvrir en 1830 une boutique d’étoffes et de confection. Installé au coin de la rue du Bac et de la rue de l’Université, l’établissement s’appelle Au Petit Saint-Thomas. Sans doute une référence à l’église Saint-Thomas d’Aquin, située tout près…

Une idée née en même temps que les grands magasins

À la tête de son établissement, Mannoury donne un nouveau visage au monde de la vente. On lui doit ainsi la libre circulation dans les rayons, les étiquettes avec les prix affichés ou encore la vente par correspondance. Au fil du temps, il propose plus de produits mais tous ne se vendent pas. C’est à ce moment qu’il a une idée révolutionnaire. Mannoury propose de liquider les stocks d’invendus de la saison précédente à bas prix, pour faire place aux nouveautés. C’est ainsi que les soldes sont nés.

Marguerite et Aristide Boucicaut
Marguerite et Aristide Boucicaut

Les réductions de prix et les braderies existent déjà, mais cette nouvelle tendance du déstockage est un véritable succès. Toutefois, c’est un autre homme qui va populariser le concept. Il s’agit d’Aristide Boucicaut, recruté par Mannoury pour s’occuper du rayon des châles au Petit Saint-Thomas. Malheureusement, la boutique de Mannoury ferme en 1848… Boucicaut s’associe alors, en 1852, aux frères Videau, à la tête d’une mercerie appelée Au Bon Marché. Avec sa femme Marguerite, il rachète la mercerie en 1863 et la petite boutique devient vite le grand magasin que l’on connaît aujourd’hui. Grâce à ses idées commerciales avant-gardistes, l’homme d’affaires est considéré comme l’un des pères du marketing sensoriel. Il lance en 1869 une “Semaine du blanc”, en référence à la couleur traditionnelle du linge de maison. Pendant une semaine, les prix baissent sur les linges invendus des mois précédents.

Intérieur du Bon Marché en 1872
Le Bon Marché bat son plein sur cette illustration de 1872

Il faut ensuite attendre 1906 pour que l’on réglemente la vente « au déballage » et c’est en 1962 que le terme de “soldes” est définitivement adopté. Il s’agit alors d’une baisse de prix occasionnelle dans l’année et accompagnée de publicités brèves. Par la suite, d’autres lois suivent pour les encadrer. On décide notamment des dates, par exemple les soldes d’hiver commencent toujours le 2e mercredi du mois de janvier.

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