Lénine

À première vue, il est bien difficile de faire un lien entre Paris et Lénine, le fondateur du Parti communiste soviétique. Pourtant, c’est bien dans la Ville Lumière que le célèbre révolutionnaire a vécu l’une des pages les plus importantes de sa vie.

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Paris, Ville Lumière de Lénine

Après une première tentative ratée de révolution en 1905, Lénine choisit de séjourner dans plusieurs pays européens. Pendant ce “tour d’Europe”, il arrive à Paris en 1908, la ville est alors en pleine explosion culturelle et artistique. L’histoire de Lénine avec la capitale française commence d’abord dans le quartier du Panthéon puis dans un appartement du 14e arrondissement, situé au 24 rue Beaunier. C’est là qu’il vit avec sa femme, sa belle-mère, et sa sœur. Aujourd’hui encore, on peut toujours apercevoir une plaque sur la façade de l’immeuble. En 1909, il déménage, mais reste dans le 14e arrondissement, direction le 4 rue Marie-Rose, dans un appartement de 48m².

Appartement de Lénine rue Marie-Rose

Que ce soit l’ambiance ou la discrétion du quartier, Lénine semble être conquis… Malgré la présence de la police tsariste dans la capitale. Le révolutionnaire profite alors du calme et de sa relative popularité pour se promener fréquemment dans le parc Montsouris. Il lui arrive aussi de retrouver ses amis russes aux alentours de la Porte d’Orléans et de Montparnasse. Enfin, il n’est pas étonnant de voir Lénine enfourcher sa bicyclette pour se rendre à la Bibliothèque nationale dans le 2e arrondissement et dévorer plusieurs livres. On le dit fasciné par la Commune de Paris, dont il tire beaucoup d’enseignements pour son avenir.

Inès Armand, le grand amour de “l’homme de Léna”

C’est au milieu de ces révolutionnaires russes exilés à Paris que Lénine va faire une rencontre qui va changer sa vie.  Il fait la connaissance d’Inès Armand, activiste communiste d’origine française. Cette dernière est mariée au Russe Alexandre Armand, issu de l’une des familles capitalistes les plus riches de Russie. Parlant très peu français, Lénine a de plus en plus besoin de cette camarade polyglotte. Au fil des jours, leurs échanges épistolaires passent de la question révolutionnaire à des mots plus passionnés. Ils assistent ensemble à des congrès, visitent la capitale et deviennent vite inséparables.

Inès Armand

Lénine installe alors Inès tout près de lui, au 2 rue Marie-Rose. Elle devient alors sa plus proche conseillère, assistante et confidente. Plus que sa maîtresse, on considère Inès Armand comme le véritable amour de sa vie. Quant à la femme de Lénine, elle se contente d’être une épouse dévouée… Cet amour passionnel sera pendant longtemps l’un des secrets les mieux gardés de l’Union Soviétique pour ne pas écorner l’image de révolutionnaire idéal et d’époux parfait de Lénine.

Même si cette relation redevient surtout épistolaire lorsque Lénine revient en Russie, cette passion aura duré jusqu’au bout pour les deux amants. Morte en 1920, Inès Armand a même droit à des obsèques nationales et est enterrée dans la Nécropole du mur du Kremlin. Une grande première puisqu’elle est la seule Française à recevoir un tel honneur. Lénine, lui, succombe quatre ans plus tard. Aujourd’hui, les deux amants reposent à quelques mètres l’un de l’autre.

Quant au petit appartement du 14e arrondissement, il est racheté par le Parti Communiste Français et transformé en un musée consacré au leader bolchevique, un cas unique en France. Malgré les passionnés, le musée disparaît en 2007, de même que la plaque commémorative ornant le bâtiment.

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