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Et si le Louvre avait disparu dans un terrible incendie ? Pour comprendre comment une telle catastrophe a bien failli arriver, il faut d’abord se pencher sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire de la capitale : la Commune de Paris

Le jour où le Louvre a failli disparaître pour de bon

Ayant souffert tout un hiver et résisté par tous les moyens au siège prussien de Paris, les Parisiens vivent, en janvier 1871, l’armistice signée entre le Gouvernement de la Défense nationale et le gouvernement impérial allemand comme une trahison. L’élection d’une nouvelle Assemblée – réclamée par les Allemands – et la décision d’Adolphe Thiers, nouveau chef de l’État, de reprendre les canons parisiens – appartenant aux habitants et payés par souscription municipale – de Montmartre et Belleville feront office de poudre qui manquait pour que la situation explose.

Si les premiers affrontements ont lieu en avril, on retiendra bien évidemment la tristement célèbre “Semaine Sanglante”, qui eut lieu du dimanche 21 mai au dimanche 28 mai 1871. Sept jours de combats marqués par une répression sanglante, des exécutions et arrestations en masse et par l’incendie de nombreux monuments, dont le Palais des Tuileries. Et si les dégâts architecturaux sont déjà considérables, ils auraient pu l’être encore plus, puisque ce palais était alors directement rattaché… au palais du Louvre !

Alors que les Tuileries sont à la merci des flammes, qu’une partie des pavillons de Marsan et de Flore est à deux doigts de tomber sous la violence des flammes, c’est l’action d’un homme, Martian Bernardy de Sigoyer, commandant du XXVIe bataillon de chasseurs à pied, qui permet le sauvetage du Louvre. À 46 ans, ce natif de la Drôme, de son vrai nom Marie Félicien René Martien Bernardy de Sigoyer, a déjà combattu en Afrique et en Crimée, où il a notamment reçu la croix de la Légion d’Honneur. Face à l’urgence de la situation, l’objectif du commandant est claire : tout faire pour éviter la propagation des flammes vers les autres bâtiments et les précieuses collections du musée.

Un musée qui n’a pas oublié son héros

N’obéissant qu’à sa seule initiative, Martian Bernardy de Sigoyer prend la décision avec quelques hommes de s’emparer du Louvre. Tandis que la 4e compagnie s’efforce de repousser les assaillants jusqu’au Pont-Neuf, lui et quelques hommes parviennent à pénétrer dans le bâtiment. Une fois les révoltés repoussés, le plus dur reste à faire : combattre le feu lui-même. Pour y parvenir, les soldats fouillent les caves du Louvre, à la recherche d’outils comme des haches ou des pioches… tout ce qui peut servir. Ensuite, plusieurs soldats vont créer une chaîne des points d’eau jusqu’au toit du musée. De quoi tenir le feu à légère distance le temps qu’un détachement de sapeurs pompiers de Paris arrive enfin sur les lieux et vienne à bout de l’incendie. Le musée du Louvre ne disparaîtra pas sous les flammes et Martian Bernardy de Sigoyer devient dès lors un héros, l’homme qui a sauvé le Louvre des flammes. 

Ce dernier n’aura pas le temps de savourer cette nouvelle gloire : le 26 mai, alors que le général Daguerre le réclame vers deux heures du matin, le commandant de Sigoyer est introuvable. Après plusieurs heures de fouilles et d’enquête, son corps est finalement retrouvé près d’une maison incendiée entre le boulevard Beaumarchais et la rue Jean Beausire. On ne saura jamais ce qui est précisément arrivé au héros du Louvre qui n’a pas été oublié par le musée : une plaque commémorative est visible au niveau du rez-de-chaussée de l’aile Denon, avec l’indication suivante : « Le 24 mai 1871, Martian de Bernardy de Sigoyer, commandant le 26e bataillon de chasseurs à pied, par son initiative énergique, a préservé de I’incendie le palais et les collections nationales du Louvre. »

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